9 juin 2026
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Le Mali a accompli des avancées notables ces dernières années sur plusieurs indicateurs sanitaires clés, notamment la réduction de la mortalité infantile, la baisse de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, une meilleure prise en charge des mères et une hausse de l’espérance de vie, selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé et de l’UNICEF en 2025. Depuis 2018, le pays s’est doté d’un plan ambitieux d’assurance maladie universelle, une initiative saluée pour son ambition de couvrir l’ensemble de la population.

Malgré ces efforts, l’accès à des soins de qualité reste un défi de taille pour une grande partie de la population malienne. La pénurie de personnel médical qualifié, un financement insuffisant du système de santé et des années d’instabilité politique ont fortement limité la capacité du pays à offrir des soins accessibles et performants. Les zones rurales, en particulier, subissent de plein fouet ces lacunes : plus de la moitié des médecins du Mali exercent en effet dans la capitale, Bamako, laissant les régions éloignées dans un dénuement sanitaire marqué.

Des résultats encore en deçà des attentes

Le Mali affiche un score de 41/100 à l’Indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS (2024), un chiffre bien inférieur à la moyenne africaine (44) et surtout à la moyenne mondiale (68). Ces chiffres illustrent le chemin restant à parcourir pour atteindre une couverture sanitaire universelle effective.

Une priorité nationale : la santé pour tous

Les résultats de l’enquête Afrobarometer Round 10, centrée sur les soins de santé, révèlent que les Maliennes et Maliens placent la santé en tête de leurs préoccupations. Seulement un adulte sur sept bénéficie actuellement d’une couverture médicale, et une large majorité craint de ne pas pouvoir accéder aux soins ou de ne pas en avoir les moyens financiers. Face à cette situation, les citoyens demandent massivement au gouvernement de garantir un accès universel aux soins, même si cela implique une hausse des impôts.

Des expériences contrastées dans les structures publiques

Parmi les personnes ayant consulté un centre de santé ou un hôpital public au cours de l’année précédente, les avis sont partagés. Si une majorité affirme avoir reçu les soins nécessaires, beaucoup pointent du doigt des problèmes récurrents : des coûts excessifs pour les médicaments ou les consultations, des délais d’attente prolongés et un manque chronique de médicaments et de matériel. Pire encore, près de la moitié des enquêtés déclarent qu’un membre de leur famille n’a pas pu obtenir les soins requis au cours des 12 derniers mois.

Un soutien mesuré aux politiques publiques

Malgré ces difficultés, deux tiers des Maliens approuvent les efforts du gouvernement pour améliorer les soins de santé de base. Une majorité exprime également sa confiance envers le Ministère de la Santé, signe d’un espoir persistant en l’amélioration du système sanitaire.