28 avril 2026
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Les autorités maliennes doivent immédiatement libérer Moussa Mara, ancien premier ministre et président du parti d’opposition Yéléma, condamné à deux ans de prison (dont un an ferme) pour des accusations jugées infondées. Cette décision, accompagnée d’une amende de 500 000 francs CFA, symbolise selon Amnesty International une parodie de justice et un mépris flagrant des droits humains.

Selon Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, cette condamnation illustre la répression croissante des voix opposantes au Mali. Les autorités sont appelées à respecter leurs obligations légales, notamment la Constitution malienne, la Charte africaine des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels le pays a adhéré.

Les autorités doivent cesser de recourir aux détentions arbitraires et aux disparitions forcées pour museler l’opposition pacifique au Mali. La liberté d’expression et d’association doit être garantie.

Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International

Des arrestations arbitraires et des disparitions forcées inquiétantes

Plusieurs journalistes et activistes ont été ciblés ces dernières années pour avoir critiqué le pouvoir en place. Parmi eux :

  • El Béchir Thiam, journaliste membre du parti Yéléma, enlevé en mai 2025 après avoir dénoncé une décision controversée du parlement de transition. Libéré en septembre 2025, il reste marqué par cette épreuve.
  • Clément Dembélé, activiste anti-corruption, arrêté en novembre 2023 puis libéré en avril 2025 après un rejet des charges. Pourtant, il reste détenu arbitrairement.

L’expert indépendant des Nations unies a également dénoncé ces pratiques, exigeant la libération immédiate des détenus politiques.

D’autres figures critiques toujours emprisonnées

Depuis 2023, de nombreuses personnalités sont réduites au silence :

  • Rokiatou Doumbia (« Rose Vie Chère »), condamnée à un an de prison pour avoir dénoncé la crise sécuritaire et économique. Toujours détenue après avoir purgé sa peine.
  • Mohamed Youssouf Bathily (« Ras Bath »), condamné à 18 mois de prison pour avoir qualifié de « meurtre » la mort d’un ancien premier ministre. Toujours incarcéré malgré l’expiration de sa peine.
  • Adama Diarra (« Ben le Cerveau »), emprisonné pour avoir réclamé un retour à un régime civil. Sa demande de libération provisoire a été rejetée en février 2025.
  • Issa Kaou N’Djim, condamné à deux ans de prison pour avoir remis en cause une déclaration officielle du Burkina Faso sur une tentative de coup d’État.

Un contexte politique sous tension

Depuis le coup d’État de 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali est dirigé par des militaires. La transition, initialement prévue pour 18 mois, a été prolongée à plusieurs reprises, avec une dissolution des partis politiques en avril 2025 et une nouvelle prolongation de la transition pour cinq ans.

Cette situation alarmante appelle à une réaction internationale pour faire cesser la répression politique et garantir les droits fondamentaux au Mali.