9 juin 2026
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Au Mali, la dégradation de la situation sécuritaire dans les régions du centre et du nord aggrave les risques de violences sexuelles subies par les femmes et les filles, notamment dans les camps de déplacés internes et les zones touchées par les conflits armés. Une récente enquête de l’UNFPA, l’agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et reproductive, confirme cette tendance alarmante.

Une situation humanitaire critique pour les femmes et les filles

Les résultats de l’enquête révèlent une hausse significative des cas de violences sexuelles, incluant l’exploitation sexuelle, le harcèlement et les mariages forcés. Ces violences s’inscrivent dans un contexte humanitaire déjà critique, particulièrement dans le Sahel central où les populations, et surtout les femmes, sont exposées à des dangers accrus. Parallèlement, l’accès aux services essentiels de santé sexuelle et reproductive (SSR) reste très limité, voire inexistant dans certaines zones.

Depuis mai 2025, les violences armées se sont intensifiées dans des régions clés comme Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka. Ces attaques ont provoqué une augmentation des déplacements forcés, avec un nombre record de personnes contraintes de quitter leur foyer. Les femmes et les filles, déjà vulnérables, sont les plus touchées par cette crise.

Un accès aux soins de santé sexuelle et reproductive fortement restreint

Le nombre de déplacés internes au Mali a dépassé les 380 000 en 2025, soit une augmentation de près de 15 % par rapport à l’année précédente. Parmi les 6,4 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire, plus de la moitié sont des femmes et des filles. Pourtant, moins d’un quart des établissements de santé dans les zones en crise proposent des services complets de SSR ou un accompagnement pour les survivantes de violences basées sur le genre.

Les régions les plus affectées affichent des taux de fermeture élevés : Gao (76 %), Ménaka (77 %), Mopti (56 %) et Tombouctou (80 %). Face à cette situation, l’UNFPA déploie des équipes mobiles pour soutenir 86 établissements de santé, six espaces sécurisés pour femmes et filles, et sept centres polyvalents dans les zones les plus critiques (Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Ménaka).

Des besoins urgents et un financement insuffisant

En mai 2025, les équipes sanitaires mobiles ont assisté près de 3 000 personnes dans les camps de déplacés, dont 80 % de femmes et de jeunes filles. Les interventions incluaient des soins prénatals et postnataux, la distribution de kits de dignité et de fournitures médicales, ainsi que des programmes de lutte contre les violences sexuelles. Au total, près de 900 000 femmes et filles au Mali nécessitent un accès aux services de santé reproductive ou à des programmes de protection.

Cependant, la réponse humanitaire souffre d’un déficit de financement colossal. Sur les 16,5 millions de dollars américains requis pour l’année 2025, seulement 2,9 millions ont été collectés. Cela laisse un manque à gagner de 13,5 millions de dollars, mettant en péril la continuité des programmes de prévention et de prise en charge des violences sexuelles. Sans un soutien financier immédiat, les initiatives actuelles pourraient s’interrompre, aggravant encore la crise pour des milliers de femmes et de filles vulnérables.