9 juin 2026
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crise humanitaire au Sahel : près de 29 millions de personnes en détresse

Aide humanitaire

Près de 29 millions d’habitants de six pays du Sahel, dont les besoins humanitaires n’ont jamais été aussi critiques, risquent de voir leur situation s’aggraver faute de moyens suffisants. Selon l’OCHA, « des vies humaines sont en péril si les acteurs humanitaires ne reçoivent pas les financements indispensables ».

« Au Sahel, des millions de femmes, d’enfants et d’adultes en situation de grande vulnérabilité réclament une aide humanitaire immédiate », alerte Charles Bernimolin, responsable régional de l’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. L’aperçu des besoins humanitaires pour 2025 révèle un déficit de 4,3 milliards de dollars pour venir en aide à 18,4 millions de personnes au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Niger, au Nigéria et au Tchad.

Ces besoins, exacerbés par une combinaison de crises interconnectées, sont aggravés par l’instabilité politique, les violences armées, les conflits intercommunautaires et les conséquences dévastatrices du changement climatique. En 2024, plus de 16 800 personnes ont perdu la vie dans des violences sécuritaires au Sahel.

Une crise qui s’étend bien au-delà des frontières

Les tensions au Sahel provoquent une hausse des déplacements forcés : la région compte désormais 2,1 millions de réfugiés et demandeurs d’asile, ainsi que 5,9 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Ces chiffres, en hausse de 6 % et 20 % depuis janvier 2024, illustrent l’ampleur de la tragédie.

Les répercussions de cette crise dépassent largement le Sahel. On recense ainsi 159 000 réfugiés et demandeurs d’asile dans le nord du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo, ainsi que plus de 169 000 réfugiés enregistrés dans le sud-est de la Mauritanie.

La violence omniprésente a également entraîné la fermeture de plus de 9 900 écoles et 922 centres de santé, privant des populations entières d’accès à l’éducation et aux soins vitaux. Entre juin et août 2025, 12,8 millions de personnes feront face à une insécurité alimentaire aiguë, tandis que 2,6 millions d’enfants souffriront de malnutrition sévère, selon les prévisions des agences onusiennes.

Un financement humanitaire en baisse, des vies en danger

Face à l’urgence, le financement des bailleurs de fonds diminue, mettant en péril la réponse humanitaire. « La communauté internationale doit agir sans délai sous peine de perdre des vies humaines, d’aggraver les vulnérabilités et de laisser s’étendre les crises », met en garde Charles Bernimolin. « Sans un soutien financier adéquat, ce sont les plus démunis qui paieront le prix fort ».

En 2024, les acteurs humanitaires ont pu assister 12,4 millions de personnes, mais des millions d’autres sont restés sans aide faute de ressources. Au 26 mai 2025, l’appel de fonds de 4,3 milliards de dollars n’était couvert qu’à 8 %.