9 juin 2026
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crise humanitaire au Burkina Faso : violences et déplacements massifs en 2025

Depuis le début de l’année, le Burkina Faso fait face à une escalade alarmante de violences perpétrées par des groupes djihadistes, entraînant le déplacement de près de 230 000 personnes. Cette situation met gravement en péril la sécurité et le bien-être des populations locales, en particulier des enfants et de leurs familles, dans cette région du Sahel central.

des milliers de ménages forcés de fuir : une crise en constante aggravation

Selon le Groupe de coordination opérationnelle de la réponse rapide (GCORR), plus de 37 000 ménages ont été contraints de quitter leur domicile suite à 48 alertes de déplacement. Ce chiffre représente une hausse de 92 % par rapport à la même période en 2024, illustrant l’intensification des conflits. En mai seul, 41 000 personnes ont été affectées par 12 alertes de déplacement à travers le pays.

La région de la Boucle du Mouhoun est la plus touchée, avec plus de 106 000 déplacés, dont 65 000 enfants, répartis dans 13 localités comme Dédougou, Di et Tougan. Cette région concentre à elle seule 45 % des déplacements internes enregistrés.

besoins humanitaires critiques : une urgence sanitaire et sociale

La détérioration de la situation sécuritaire dans le Sahel, le Nord, le Centre-Nord, l’Est, le Centre-Est et la Boucle du Mouhoun a généré des besoins humanitaires « considérables » selon l’UNICEF. Les attaques visent aussi bien les forces de défense, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) que les civils, aggravant les conditions de vie déjà précaires.

Les principaux défis concernent l’accès aux abris, la sécurité alimentaire, l’eau potable, l’assainissement, l’hygiène, la protection et l’éducation. Malgré les interventions en cours, les ressources manquent cruellement pour répondre à l’ampleur de la crise.

malnutrition aiguë : une menace grandissante pour les enfants

En avril, plus de 10 000 enfants ont été admis dans des centres de traitement de la malnutrition aiguë sévère à travers le pays, dont plus de la moitié provenaient des zones les plus touchées par les violences (Boucle du Mouhoun, Nord, Est, Sahel, Centre-Nord). De janvier à avril, plus de 36 000 cas ont été enregistrés, dont 20 000 dans des zones d’insécurité.

Fin mai, près de 179 000 personnes (28 % des 1,3 million de personnes dans le besoin), dont plus de 25 000 enfants, ont bénéficié d’un traitement pour malnutrition aiguë. Parmi eux, 8 000 enfants souffraient de malnutrition aiguë sévère, un chiffre qui souligne l’urgence sanitaire.

blocus et destruction : Djibo, une ville en état de siège

Dans la province du Soum, la ville de Djibo est particulièrement frappée : ses 48 000 habitants (déplacés et résidents) vivent sous blocus depuis décembre 2024, empêchant tout approvisionnement. L’UNICEF et ses partenaires locaux interviennent pour fournir de l’eau, des soins de santé, une éducation d’urgence et des programmes de protection de l’enfance.

Les travailleurs humanitaires et les civils font face à des risques accrus : engins explosifs improvisés, enlèvements, pénuries de ressources et accès limité aux zones sinistrées. Ces obstacles entravent gravement les opérations d’aide et aggravent les besoins des populations affectées.