30 juillet 2026
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En République démocratique du Congo, la coalition C64, composée de plusieurs leaders de l’opposition, maintient fermement son opposition au projet de révision de la Constitution porté par le président Félix Tshisekedi. À Kinshasa, les responsables de cette plateforme ont renouvelé leur ultimatum, exigeant un retrait total de toute initiative visant à modifier la loi fondamentale. Cette résistance s’inscrit dans un contexte national déjà marqué par une instabilité sécuritaire persistante, notamment dans les provinces de l’Est du pays.

Une coalition unie contre la modification de la Constitution

La plateforme C64, qui fédère des figures emblématiques de l’opposition congolaise, s’est construite autour d’un rejet catégorique de la révision constitutionnelle proposée par Félix Tshisekedi. Ses membres estiment que toute modification du texte de 2006 ouvrirait la porte à une manipulation des règles institutionnelles au profit du pouvoir en place. Leur position est claire : le chef de l’État doit renoncer publiquement à ce projet sous peine de subir une mobilisation populaire massive.

Pour la coalition, la Constitution de 2006 représente un pilier démocratique intouchable, fruit d’un référendum organisé après la transition post-conflit. Ses dirigeants craignent particulièrement une remise en cause des clauses limitant le nombre et la durée des mandats présidentiels. Cette préoccupation est partagée par une partie de la société civile et plusieurs autorités religieuses, qui ont récemment exprimé leurs craintes quant à une éventuelle réécriture du texte fondamental.

Les motivations de Félix Tshisekedi face à l’opposition

Réélu en décembre 2023 pour un second mandat, Félix Tshisekedi a évoqué dès l’automne 2024 la nécessité de doter le pays d’une nouvelle Constitution, qu’il juge mieux adaptée aux réalités d’un État-continent de plus de cent millions d’habitants. Selon lui, le texte actuel ne répond plus aux exigences de développement et de gouvernance. Cependant, ses détracteurs y voient une stratégie visant à contourner les restrictions sur les mandats et à pérenniser l’influence de l’Union sacrée au sommet de l’État.

Le président a annoncé la création d’une commission dédiée à l’étude de cette révision, une démarche que ses opposants interprètent comme une manœuvre visant à entériner une décision déjà prise. Pour la coalition C64, il ne s’agit pas d’une simple discussion technique, mais d’un choix politique lourd de conséquences. Cette situation rappelle des scénarios similaires observés en Afrique, où des réformes constitutionnelles présentées comme modernisatrices ont finalement abouti à des reports électoraux.

Un contexte national marqué par des défis majeurs

Le débat autour de la Constitution intervient alors que la RDC fait face à une crise sécuritaire sans précédent dans l’Est, où les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu subissent une offensive d’envergure menée par le groupe armé M23, soutenu par des acteurs extérieurs selon des rapports d’experts onusiens. La prise de Goma et de Bukavu au début de l’année a affaibli la légitimité de l’État et exacerbé les tensions internes. L’opposition insiste sur l’urgence de rétablir l’autorité de l’État dans ces régions plutôt que de s’engager dans une refonte institutionnelle.

Sur le plan économique, la RDC joue un rôle stratégique dans l’approvisionnement mondial en cobalt et en cuivre, des ressources essentielles à la transition énergétique. Les investisseurs internationaux surveillent de près l’évolution de la situation politique à Kinshasa, conscients qu’une crise institutionnelle prolongée pourrait compromettre la stabilité des grands contrats miniers. Les pays voisins, comme l’Angola et l’Afrique du Sud, suivent également avec attention les développements de cette crise politique.

L’efficacité de l’ultimatum lancé par la C64 reste à démontrer. Les appels à manifester lancés précédemment par l’opposition ont souvent donné lieu à des mobilisations limitées, souvent entravées par des dispositifs policiers dissuasifs. La coalition mise désormais sur une alliance élargie avec la société civile et les communautés religieuses pour renforcer son influence sur le calendrier politique. L’objectif reste inchangé : obtenir un renoncement explicite du président à son projet de révision constitutionnelle.