Cotonou — Le Bénin a bouclé une levée de 500 millions d’euros sur les marchés internationaux, avec l’appui du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). L’opération, officialisée à Cotonou, servira à financer des investissements stratégiques à fort impact social et économique. Elle s’inscrit dans le Plan d’action du gouvernement (PAG) et marque une étape décisive dans la gestion de la dette publique en Afrique subsaharienne.
Des financements ciblés pour les secteurs clés
Les ressources mobilisées seront injectées dans les services sociaux de base : éducation, santé et accès universel à l’eau potable. Elles soutiendront également les moteurs de la croissance durable : infrastructures routières, énergies renouvelables et modernisation de l’agriculture. Un accent particulier sera mis sur l’inclusion économique, avec la création d’emplois durables ciblant prioritairement les jeunes et les femmes. Pour les populations, ces investissements visent à transformer les indicateurs macroéconomiques en bénéfices tangibles, notamment via le renforcement du maillage sanitaire rural et la modernisation des établissements scolaires.
Un montage financier innovant
Au-delà du montant, c’est la structure de l’opération qui retient l’attention. L’émission affiche une maturité finale de 12 ans, un profil avantageux dans le contexte économique mondial actuel. Cette performance repose sur un mécanisme de rehaussement de crédit, permis par une garantie partielle du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la BAD. Ce dispositif de partage des risques a atténué le profil de risque de l’émission, offrant au Bénin des conditions financières compétitives.
Une opération alignée sur la stratégie de la BAD
La transaction s’inscrit dans les nouvelles orientations stratégiques du Groupe de la BAD, qui cherche à maximiser l’effet de levier des capitaux privés au profit des États africains. Robert Masumbuko, responsable du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Bénin, a souligné que cette transaction est en droite ligne avec la nouvelle vision stratégique de la Banque, notamment son Point cardinal n°1, qui vise à mobiliser à grande échelle des ressources des marchés de capitaux, et dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement du continent.
La garantie comme levier pour les capitaux privés
En positionnant la garantie institutionnelle comme un levier pour attirer des financements privés, la BAD entend établir de nouvelles références pour le continent. Ahmed Attout, directeur du Département du développement du secteur financier du Groupe de la Banque africaine de développement, a estimé que cette deuxième opération démontre le potentiel des garanties pour mobiliser plus efficacement les capitaux privés. Il a ajouté qu’en associant la garantie du Fonds africain de développement à des mécanismes complémentaires de partage des risques, elle permet au Bénin de mobiliser d’importantes ressources à long terme à des conditions compétitives.
Une réputation de gestion budgétaire confirmée
Ce succès confirme la solide réputation du Bénin en matière de gestion budgétaire. Depuis plusieurs années, le pays s’illustre par une conduite rigoureuse et proactive de sa dette publique, ce qui lui vaut une confiance renouvelée des bailleurs de fonds multilatéraux et des investisseurs. Alors que de nombreuses économies émergentes font face à un renchérissement du coût du crédit, Cotonou démontre qu’une ingénierie financière audacieuse permet de sécuriser les ressources nécessaires à un développement durable et inclusif.




