
Abidjan a rejeté une demande américaine d’accueillir sur son territoire des personnes expulsées des États-Unis, y compris des non-Ivoiriens. La démarche, menée par un émissaire du Département d’État, s’inscrit dans une politique controversée de renvois vers des pays tiers.
En juin 2026, un responsable du Département d’État américain, Christian Ehrhardt, s’est rendu à Abidjan. Il dirige l’Office of Remigration, une structure chargée de négocier avec des gouvernements étrangers l’accueil de personnes expulsées des États-Unis. Sa mission : convaincre les autorités ivoiriennes d’accepter des ressortissants de pays tiers.
La réponse d’Abidjan a été négative. Les discussions n’ont pas abouti, et la Côte d’Ivoire ne figure pas parmi les pays ayant conclu un accord opérationnel de ce type, selon les données américaines rendues publiques pour juin 2026.
Une politique américaine d’expulsions vers des pays tiers
La démarche s’inscrit dans le cadre d’une politique de l’administration Trump visant à multiplier les expulsions vers des pays tiers. Le principe : renvoyer une personne vers un État dont elle n’est pas ressortissante et avec lequel elle n’a pas nécessairement de lien préalable.
Les données internes du Département d’État révèlent que, fin juin 2026, Washington avait autorisé ou promis au moins 410 millions de dollars pour faciliter des accords avec 31 pays, principalement en Afrique et en Amérique latine. Depuis 2025, plus de 25 000 personnes auraient été expulsées vers au moins 28 pays tiers.
Certains États ont accepté d’accueillir des ressortissants étrangers en échange de financements ou d’autres formes d’aide. Des engagements financiers directs ont notamment été rapportés envers plusieurs gouvernements.
Le refus ivoirien dans un contexte sensible
La question des expulsions vers des pays tiers est hautement controversée. L’administration américaine la présente comme un moyen de renvoyer des personnes faisant l’objet d’une mesure d’éloignement lorsque leur pays d’origine refuse ou ne peut pas les reprendre.
Des organisations de défense des droits humains et des avocats contestent toutefois les garanties offertes aux personnes concernées avant leur transfert. En septembre 2026, une cour d’appel fédérale américaine a jugé cette politique illégale dans une affaire portant sur l’absence de garanties suffisantes. L’administration Trump devait faire appel devant la Cour suprême.
Les implications pour la Côte d’Ivoire
En déclinant la proposition américaine, Abidjan marque sa position face à un dispositif qui soulève des questions juridiques et éthiques. Ce refus intervient alors que plusieurs pays africains ont accepté des accords similaires, souvent en échange de contreparties financières.







