Dakar — Ousmane Sonko, président du parti Pastef et figure de l’opposition sénégalaise, a lancé ce dimanche un avertissement solennel au gouvernement d’Al Aminou Lo. Lors d’un discours prononcé à Touba, il a menacé de recourir à une motion de censure si les intérêts nationaux venaient à être compromis par des accords pétroliers jugés opaques.

Dans une allocution en wolof, Ousmane Sonko a dénoncé une « dérive dangereuse » dans la gestion des ressources naturelles, accusant le Premier ministre de sacrifier la souveraineté économique du pays en privilégiant les partenariats avec des multinationales comme BP et Kosmos. Selon lui, ces collaborations s’inscrivent dans la continuité des pratiques critiquées sous le mandat précédent, notamment celles associées à l’ancien président Macky Sall.

Une opposition déterminée à bloquer les projets controversés

Ousmane Sonko a réitéré ses accusations contre Al Aminou Lo, qu’il accuse d’avoir joué un rôle clé dans des décisions politiques contestées. Il a promis d’utiliser tous les moyens institutionnels à sa disposition pour empêcher ce qu’il qualifie de « bradage » des ressources sénégalaises. « Si le gouvernement persiste dans cette voie, nous n’hésiterons pas à renverser l’exécutif », a-t-il martelé sous les applaudissements de ses partisans.

Pour encadrer strictement les futurs contrats énergétiques, le leader du Pastef a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi. Ce texte, porté par une députée de son parti, vise à soumettre toute attribution de bloc pétrolier ou gazier à l’approbation préalable de l’Assemblée nationale. « Aucun bloc pétrolier ne sera attribué sans un vote des députés, afin de garantir que ces décisions servent d’abord les intérêts du Sénégal », a-t-il expliqué, citant comme référence le modèle norvégien de transparence.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de son engagement historique pour une gestion transparente des hydrocarbures. Alors qu’il occupait encore le poste de Premier ministre au printemps 2026, Ousmane Sonko avait déjà engagé une série de renégociations pour corriger des contrats jugés désavantageux, comme celui du bloc Yakaar-Teranga. Aujourd’hui, il craint que le gouvernement actuel ne fasse marche arrière sur ces avancées.

Un bras de fer politique aux enjeux économiques majeurs

Les tensions entre Ousmane Sonko et le gouvernement d’Al Aminou Lo surviennent dans un contexte où les ressources pétrolières et gazières du Sénégal représentent un enjeu stratégique pour l’économie nationale. Les récentes nominations à la tête de Petrosen, la société nationale des hydrocarbures, font également l’objet de vives critiques de la part de l’opposition, qui y voit une tentative de verrouiller les décisions au profit d’intérêts privés.