13 juillet 2026
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Lors de son discours prononcé ce dimanche à Sadio, dans la région de Diourbel, Ousmane Sonko a choisi de transformer son allocution en un exercice de clarification, presque un règlement de comptes avec le président Bassirou Diomaye Faye. Ce qui aurait pu passer pour un simple bilan s’est révélé être une série d’allusions cinglantes, révélatrices des tensions persistantes au sommet de l’État.

Le leader du parti Pastef n’a pas hésité à rappeler, avec une précision calculée, son rôle décisif dans l’ascension de Bassirou Diomaye Faye. En 2024, après l’invalidation de sa propre candidature, Sonko avait soutenu le désormais chef de l’État, lui permettant d’accéder à la magistrature suprême lors d’une élection historique. Deux ans plus tard, il semble vouloir rappeler à tous qui a été le véritable architecte de cette victoire, étalant ainsi une légitimité qu’il juge insuffisamment reconnue.

Sonko a également pointé du doigt un éloignement progressif du président Faye par rapport au projet politique initialement porté devant les Sénégalais. En évoquant un espoir qui s’est envolé, il a suggéré que la population de Sadio partageait cette désillusion, tout en sous-entendant que le chef de l’État s’était éloigné des ambitions collectives portées par le mouvement.

Le leader de Pastef a poussé l’audace plus loin en revendiquant une responsabilité écrasante dans l’accomplissement de 80 % du combat politique mené jusqu’ici. D’après lui, les élections de 2026 et 2029 devraient permettre de parachever ce qu’il considère comme son propre projet, se positionnant ainsi non pas comme un simple soutien, mais comme le garant incontournable de la ligne originelle du mouvement. Ce discours, à la fois adressé aux militants et aux plus hautes instances de l’État, semble destiné à réaffirmer son influence politique, tout en laissant entrevoir une forme de divergence avec l’exécutif qu’il a pourtant contribué à installer.