3 août 2026
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Lors du Grand Magal de Touba, grand rassemblement spirituel marquant l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, plusieurs figures religieuses ont partagé leur vision sur l’actualité nationale. Parmi elles, Sérigne Modou Kara Mbacké, depuis sa résidence de Mermoz, a appelé à une réconciliation urgente entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko. Face à une nation confrontée à des enjeux économiques et sociaux majeurs, le guide spirituel a insisté sur la nécessité de dépasser les divergences personnelles pour servir l’intérêt collectif.

Sérigne Modou Kara Mbacké appelle à l’unité entre Sonko et Diomaye Faye

Un appel vibrant à la réconciliation nationale

Au cœur des discours tenus lors de cette célébration religieuse, Sérigne Modou Kara Mbacké a marqué les esprits par son plaidoyer en faveur de l’apaisement. S’adressant à une foule de fidèles réunis en son domicile, il a souligné que les tensions entre les deux figures politiques majeures du pays ne doivent pas occulter l’essentiel : la stabilité et le progrès du Sénégal. « Leurs retrouvailles sont non seulement possibles mais nécessaires, car ils représentent une minorité face à la majorité silencieuse de la population. Qu’ils se retrouvent pour l’avenir du pays », a-t-il déclaré avec conviction.

Le marabout a martelé son message en rappelant que l’heure n’est plus aux divisions, mais à la cohésion. « Ce n’est pas le moment des querelles stériles, mais celui de l’unité nationale », a-t-il ajouté, insistant sur l’urgence de tourner la page des conflits personnels pour se concentrer sur les défis structurels du pays.

L’histoire commune comme fondement de l’appel à l’apaisement

Au-delà des considérations politiques immédiates, Sérigne Modou Kara Mbacké a rappelé que la relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’enracine dans une histoire bien plus ancienne que leur parcours politique. « Ce n’est pas la politique qui les a unis, mais le travail et l’effort commun, jusqu’à ce que les liens de parenté et de culture s’installent entre eux », a-t-il expliqué. Pour lui, cette complicité historique doit servir de base à une réconciliation sincère et durable.

Il a également évoqué leur lien de « cousins à plaisanterie », un concept culturel sénégalais qui symbolise une relation à la fois proche et respectueuse, malgré les divergences. « Ils doivent se retrouver, repartir de zéro pour l’intérêt supérieur du pays », a-t-il insisté, utilisant ce registre à la fois culturel et politique pour légitimer son appel.

Un médiateur spirituel au cœur de la dynamique politique

En s’érigeant en médiateur, Sérigne Modou Kara Mbacké ne se contente pas de formuler un vœu pieux : il entend peser sur le cours de la politique sénégalaise. Son intervention survient dans un contexte où les tensions entre les deux hommes forts du régime pourraient fragiliser la gouvernance. En rappelant que l’unité nationale doit primer sur les ambitions individuelles, il rappelle aussi aux dirigeants que leur légitimité repose sur leur capacité à servir le pays avant tout.

Son plaidoyer s’inscrit dans une tradition sénégalaise où les guides spirituels jouent un rôle clé dans la résolution des conflits. En misant sur la réconciliation, il invite à un dépassement des clivages qui, s’ils persistent, pourraient hypothéquer la crédibilité des institutions et la cohésion sociale.