Fin juillet a marqué un tournant dans les relations entre les États-Unis et le Maroc. Washington multiplie depuis les gestes forts, à la fois sur le plan économique et diplomatique, envers Rabat. En 2020 déjà, les Américains avaient clairement affiché leur soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental, en contrepartie de la normalisation des liens entre le royaume et Israël.
Cette dynamique semble aujourd’hui s’étendre. Les États-Unis pourraient bientôt appuyer les revendications marocaines concernant les villes espagnoles de Ceuta et Melilla. Une pression accrue s’exerce sur Madrid, alors que des milliers de personnes – incluant des ressortissants marocains et des migrants subsahariens – ont récemment franchi la frontière pour rejoindre Ceuta.
Un contexte géopolitique en pleine mutation
Riccardo Fabiani, spécialiste de l’Afrique du Nord au sein de l’International Crisis Group, analyse cette évolution. Il évoque les enjeux sous-jacents et l’influence croissante des États-Unis dans la région. Selon lui, le Maroc perçoit une fenêtre d’opportunité unique : celle où l’administration américaine, sous Trump, pourrait valider ses positions sur plusieurs fronts.
Ceuta et Melilla, nouveaux terrains de tensions
La situation à Ceuta illustre les frictions actuelles. En quelques jours seulement, des dizaines de milliers de personnes ont traversé la frontière, mettant en lumière les vulnérabilités du territoire espagnol. Pour le Maroc, ces enclaves représentent un dossier stratégique, qu’il souhaite voir reconnu par la communauté internationale.
Les États-Unis, en apportant leur soutien aux revendications marocaines, pourraient donc jouer un rôle clé dans ce dossier épineux. Une telle décision aurait des répercussions majeures sur les relations entre l’Espagne, le Maroc et les États-Unis.