
L’incarcération de Me Abdourahamane Lirwana, avocat et défenseur des droits humains, marque une nouvelle étape dans la répression judiciaire au Niger. Son tort : avoir publié sur Facebook une analyse sur l’armée nigérienne. Retour sur les faits.
Les faits : une garde à vue pour une opinion
Convoqué le 21 septembre 2026 à la Direction de la Police judiciaire de Niamey, Me Abdourahamane Lirwana a été placé en garde à vue, puis présenté au parquet le lendemain. Il est depuis écroué à la maison d’arrêt de Niamey. Les charges retenues contre lui : « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », sur le fondement de l’article 31 de l’ordonnance relative à la cybercriminalité.
Que lui reproche-t-on exactement ? D’avoir publié, le 12 septembre dernier, sur son compte Facebook, des réflexions sur la situation et le moral de l’armée nigérienne. Une opinion, pas une action. Pourtant, l’avocat encourt jusqu’à cinq ans de réclusion ferme.
Un tour de vis contre la liberté d’expression
Cette arrestation n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique d’asphyxie de l’espace civique nigérien. Depuis plus d’un an, les détentions arbitraires et les poursuites contre des figures de la société civile et des journalistes se multiplient.
Me Lirwana, membre actif du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR), devient ainsi le symbole d’une dérive qui touche l’ensemble des voix critiques. Son incarcération soulève une question simple : dans quel cadre juridique l’analyse d’un juriste ou l’opinion d’un citoyen sur l’institution militaire justifient-elles une privation de liberté ?
Des engagements internationaux bafoués
En réprimant l’expression d’une opinion, les autorités nigériennes portent atteinte à leurs propres engagements internationaux. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples garantissent formellement la liberté d’expression et le droit à un procès équitable.
Ces textes ne sont pas de simples déclarations d’intention. Ils engagent le Niger. Or, la poursuite de Me Lirwana sur la base d’un post Facebook constitue une violation flagrante de ces principes.
Une mobilisation qui s’organise
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (FIDH-OMCT) a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de harcèlement judiciaire. Pour les organisations de défense des droits humains, le silence face à de telles pratiques équivaut à une forme de consentement.
La libération immédiate et inconditionnelle de Me Abdourahamane Lirwana est exigée, ainsi que l’abandon de toutes les charges retenues contre lui. Au-delà de ce cas, c’est la protection de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Niger qui est en jeu.
Ce qu’il faut retenir
- Me Abdourahamane Lirwana, avocat et défenseur des droits humains, est incarcéré depuis le 22 septembre 2026 à Niamey.
- Il est poursuivi pour un post Facebook publié le 12 septembre, relatif à l’armée nigérienne.
- Il encourt jusqu’à cinq ans de réclusion en vertu de l’article 31 de l’ordonnance sur la cybercriminalité.
- Cette arrestation illustre la répression croissante contre les voix critiques au Niger.
- Les organisations de défense des droits humains réclament sa libération immédiate.







