9 juin 2026
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répression des juntes militaires en Afrique de l’Ouest et au Sahel : un danger pour la démocratie

En Afrique de l’Ouest et au Sahel, les juntes militaires renforcent leur emprise sur le pouvoir tout en multipliant les violations des droits fondamentaux en 2025. Selon les analyses, cette tendance s’accompagne d’une intensification des attaques contre les civils et les infrastructures, ainsi que d’une restriction accrue des libertés publiques.

Des juntes militaires qui étouffent les libertés et bloquent la démocratie

Les régimes issus de coups d’État en Afrique de l’Ouest et au Sahel ont durci leur politique répressive en 2025. Human Rights Watch souligne dans son rapport que ces juntes limitent sévèrement la liberté d’expression, censurent les médias et répriment toute forme de dissidence. Leur objectif ? Consolider leur pouvoir en marginalisant l’opposition et en étouffant les transitions démocratiques promises.

« Les juntes militaires de la région du Sahel multiplient les mesures autoritaires, réduisant à néant les engagements initiaux en faveur de la démocratie. Il est urgent que la communauté internationale intervienne pour exiger le rétablissement des droits humains et des espaces politiques ouverts. »

Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch

Violations des droits humains : des civils pris pour cibles

Les populations civiles paient un lourd tribut dans cette escalade. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des journalistes, des militants et des opposants sont victimes d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées ou d’enrôlements illégaux. Dans ces pays, les forces de sécurité et leurs alliés (dont le groupe Wagner, désormais rebaptisé Africa Corps) sont accusés d’exécutions sommaires, notamment contre des civils peuls.

Les groupes armés islamistes, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), continuent de perpétrer des massacres ciblant les populations locales. Au Nigeria, la résurgence de Boko Haram et l’inaction des autorités face aux gangs criminels aggravent la crise sécuritaire, avec des attaques répétées contre les communautés.

Des exemples concrets de répression

  • Au Mali, au Niger et au Burkina Faso, les juntes ont prolongé de cinq ans leurs périodes de transition vers un régime civil, tout en interdisant le multipartisme. Au Tchad, la suppression de la limitation des mandats présidentiels ouvre la voie à un pouvoir sans fin.
  • Au Nigeria, les autorités utilisent la loi sur la cybercriminalité pour museler les journalistes et les utilisateurs de réseaux sociaux. L’ancien président Mohamed Bazoum reste détenu sans procès au Niger, tandis qu’au Tchad, l’opposant Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison pour des motifs politiques.
  • Les trois pays (Mali, Niger, Burkina Faso) ont annoncé leur retrait de la CEDEAO et de la Cour pénale internationale, fragilisant davantage l’accès à la justice pour les victimes d’abus.

Un appel à l’action pour les instances régionales et internationales

Face à cette dégradation alarmante, Human Rights Watch exhorte l’Union africaine et les autres organismes régionaux à renforcer leur protection des civils et à garantir le respect des droits humains. La société civile et les démocraties partenaires doivent également unir leurs forces pour contrer cette vague autoritaire qui menace la stabilité de toute la région.

En résumé, la situation en Afrique de l’Ouest et au Sahel exige une mobilisation urgente. Sans une réponse coordonnée, le risque est grand de voir s’installer durablement des régimes où les libertés fondamentales sont bafouées et où l’impunité règne en maître.