9 juin 2026
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La situation de Mohamed Bazoum, ancien président du Niger, suscite une vive préoccupation internationale. En effet, cet opposant politique est détenu illégalement depuis deux ans par les autorités nigériennes, sans aucune justification légale.

Un coup d’État suivi d’une détention illégale

Le 26 juillet 2023, un groupe d’officiers militaires nigériens, menés par le général Abdourahamane Tiani, a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Mohamed Bazoum. Depuis cette date, l’ancien président et son épouse, Hadiza Bazoum, sont détenus au palais présidentiel de Niamey, la capitale du pays.

Cette détention, toujours en cours, s’accompagne d’un isolement total : aucun accès à leur famille ni à des avocats n’est autorisé. Par ailleurs, Mohamed Bazoum risque un procès pour des accusations de haute trahison et d’atteinte à la sûreté nationale, une procédure jugée politiquement motivée par plusieurs observateurs.

Des condamnations internationales multiples

La communauté internationale a multiplié les appels à la libération de Mohamed Bazoum. En décembre 2023, la Cour de justice de la CEDEAO a statué que sa détention était arbitraire et a exigé sa remise en liberté immédiate. Cependant, malgré cette décision, la junte militaire nigérienne maintient sa position.

En février 2025, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a également conclu que la détention de Mohamed Bazoum et de son épouse était illégale au regard du droit international. Malgré ces condamnations, aucune libération n’a été ordonnée.

Une junte militaire critiquée pour ses méthodes

Les organisations de défense des droits humains dénoncent les méthodes de la junte nigérienne, qui réprime l’opposition politique, les médias indépendants et les voix dissidentes. Human Rights Watch souligne que le maintien en détention de Mohamed Bazoum illustre le mépris de la junte pour l’État de droit et les normes démocratiques.

Les experts s’inquiètent également de la volonté affichée par la junte de retarder indéfiniment la transition vers un régime civil, privant ainsi le Niger d’élections libres et transparentes.

Un procès imminent, mais toujours reporté

En avril 2024, une procédure judiciaire a été engagée pour lever l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum, ouvrant la voie à un procès pour haute trahison. En juin 2024, une cour nigérienne a statué contre lui, mais sans respecter les normes internationales d’équité. À ce jour, aucune date n’a été fixée pour son procès, laissant planer un climat d’incertitude et d’injustice.

Un appel à l’action pour les droits humains

Les défenseurs des droits humains, dont Reed Brody, exigent la libération immédiate de Mohamed Bazoum et de son épouse. Ils rappellent que leur détention prolongée sans inculpation ni procès constitue une violation grave des droits fondamentaux, et appellent la communauté internationale à faire pression sur les autorités nigériennes.

« Chaque jour supplémentaire passé en détention éloigne un peu plus le Niger de la démocratie et des valeurs qu’il a longtemps défendues », a déclaré une experte en droits humains. La libération de Mohamed Bazoum reste une priorité absolue pour rétablir la justice et l’État de droit dans le pays.