28 avril 2026
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Disparitions forcées au Burkina Faso : appel urgent pour Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé

©Balai citoyen

Appel urgent – Situation critique au Burkina Faso

Le 2 mai 2025, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains a lancé un appel urgent concernant la disparition forcée de deux militants du mouvement « Balai citoyen » au Burkina Faso : Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé. Ces enlèvements s’inscrivent dans une série d’attaques contre les défenseurs des droits humains et les journalistes dans le pays, reflétant une répression croissante des voix dissidentes.

Contexte des disparitions forcées au Burkina Faso

Amadou Sawadogo, membre actif du mouvement « Balai citoyen » dans la région du Centre, a été convoqué le 20 mars 2025 par le service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou. Lors de cet interrogatoire, il a été contraint de révéler les adresses de deux autres militants, désormais en clandestinité. Le lendemain, après une seconde convocation, il a disparu sans laisser de trace. Les autorités n’ont fourni aucune explication ni localisation depuis cette date.

Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du « Balai citoyen », a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, alors qu’il rentrait de Cotonou après avoir participé à une formation en activisme. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté sous les yeux de son épouse. Malgré les démarches répétées de ses avocats auprès des institutions publiques, aucune information n’a été communiquée sur son sort ou sa localisation.

À ce jour, le sort et la localisation des deux militants restent inconnus, plongeant leurs familles et collègues dans une profonde incertitude.

Une répression systématique des défenseurs des droits humains

Ces disparitions s’ajoutent à une longue liste d’attaques ciblées contre les défenseurs des droits humains et les journalistes au Burkina Faso. Plusieurs cas récents illustrent cette tendance alarmante :

  • Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du « Balai citoyen », a été arrêté en janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou, en violation des règles de l’UEMOA. Il est actuellement détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs ».
  • Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, deux militants du mouvement, ont été enrôlés de force dans l’armée en février 2024, malgré une décision de justice ordonnant la suspension de leur réquisition.
  • Plusieurs journalistes, dont Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem, Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, ont également été enlevés et restent portés disparus.

Ces actes s’inscrivent dans un contexte de musèlement de la société civile et de répression des voix critiques, sous couvert de mesures sécuritaires. Les décrets de novembre 2022 et avril 2023, permettant la réquisition forcée de toute personne âgée de plus de 18 ans, ont été utilisés de manière discriminatoire pour cibler les défenseurs des droits humains et les opposants politiques. Le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées a déjà exprimé sa préoccupation face à ces pratiques, qualifiées de « susceptibles de constituer des disparitions forcées ».

Appel à l’action internationale

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exhorte la communauté internationale à intervenir pour :

  • Garantir la sécurité et le bien-être d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé ainsi que de tous les défenseurs des droits humains au Burkina Faso.
  • Révéler sans délai leur sort et leur localisation, leur permettre de contacter leurs familles et les libérer immédiatement et sans conditions.
  • Mettre fin à la pratique systématique des disparitions forcées et des enrôlements forcés ciblant les défenseurs des droits humains et les journalistes.
  • Cesser tout harcèlement judiciaire contre les militants et les journalistes, et garantir leur droit à exercer leurs activités légitimes sans crainte de représailles.
  • Respecter strictement les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux standards internationaux des droits humains.

Adresses pour agir

Nous vous invitons à écrire aux autorités burkinabè, notamment :

Veuillez informer l’Observatoire de toute action entreprise en indiquant le code de cet appel : BFA 002 / 0525 / OBS 022.

Pour contacter l’Observatoire :
[email protected]
Tél. FIDH : +33 1 43 55 25 18
Tél. OMCT : + 41 22 809 49 39

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