A streetvendor holds newspapers with the headline on the mutiny in Ouagadougou on January 24, 2022. - The President of Burkina Faso, Roch Marc Christian KaborÈ, was arrested on Monday and was detained in a barracks in Ouagadougou, the day after mutinies in military camps in this country plagued by jihadist violence, AFP learned from security sources. (Photo by OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)
liberté de la presse au Mali et Burkina Faso : 29 organisations tirent la sonnette d’alarme
Sous la coordination de Reporters sans frontières (RSF), près de trente organisations de défense des droits humains et de médias ont adressé une lettre ouverte aux autorités du Mali et du Burkina Faso, ainsi qu’aux instances régionales et internationales. Leur objectif ? Exiger la fin des violations de la liberté de la presse dans ces deux pays d’Afrique de l’Ouest.
Organisée par RSF, cette mobilisation regroupe près d’une trentaine de médias et d’associations de défense des droits humains. Leur mission ? Défendre et protéger la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso. À travers un appel solennel adressé aux gouvernements locaux, aux institutions africaines et à la communauté internationale, ils réclament l’arrêt immédiat des pressions exercées sur les journalistes, qu’ils soient locaux ou étrangers. L’enjeu est de taille : faire respecter les engagements internationaux pris par ces États, notamment en matière de liberté d’expression et de droit à l’information, conformément à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Cette initiative collective souligne l’urgence absolue de respecter et de promouvoir la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso. À l’occasion de la journée mondiale dédiée à cette cause, les dirigeants de ces deux nations doivent saisir l’importance de ce combat et agir sans délai pour garantir que chaque journaliste puisse exercer son métier en toute sécurité, sans craindre des représailles.
Parmi les signataires, on retrouve des médias locaux comme Joliba Tv News au Mali et Lefaso.net au Burkina Faso, ainsi que des organisations engagées dans la défense de la liberté de la presse et des droits des journalistes, telles que la Fédération des journalistes africains (FAJ), l’Union internationale de la presse francophone (UPF) ou encore la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA). Sans oublier les grands médias internationaux.
Cette mobilisation intervient alors que le Classement mondial de la liberté de la presse vient de publier ses dernières données. Le Burkina Faso et le Mali figurent désormais respectivement à la 58e et la 113e place sur 180 pays, confirmant une tendance inquiétante.
Lettre ouverte pour la protection des journalistes et la défense de la liberté d’expression et de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso
- Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine,
- Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO,
- Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UEMOA,
- Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,
- Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
- Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,
- Monsieur le Président du Parlement panafricain,
- Monsieur le Secrétaire général de l’ONU,
- Monsieur le Président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU,
- Madame la Directrice générale de l’UNESCO,
- Madame la Secrétaire générale de l’OIF,
- Mesdames et Messieurs les Présidents des instances de régulation des médias des 15 pays de la CEDEAO,
- Monsieur le Président du Réseau francophone des régulateurs des médias,
- Monsieur le Président de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée,
- Mesdames et Messieurs les ministres de la Communication des 15 pays de la CEDEAO,
- Monsieur le Président de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR).
Les signataires de cette lettre soulignent les menaces graves pesant sur la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso : appels au meurtre de journalistes, menaces et intimidations, suspensions de médias internationaux comme RFI et France 24, expulsions de correspondants, suspension de Joliba TV au Mali, ou encore restrictions imposées par les autorités burkinabè aux médias locaux. Sans oublier la prolifération de fake news et la montée des violences verbales sur les réseaux sociaux, alimentées par des influenceurs pro-régime.
Au Mali, les journalistes subissent également des pressions croissantes : saccage de la Maison de la presse de Bamako, arrestations arbitraires comme celle de Ras Bath ou de Rokia Doumbia, enlèvements, et restrictions croissantes à l’encontre des médias indépendants. La situation est tout aussi critique au Burkina Faso, où le Conseil supérieur de la communication (CSC) a alerté sur la récurrence des menaces envers les professionnels des médias. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « profondément troublé » par cette dégradation.
Les signataires appellent à :
- La fin immédiate des mesures portant atteinte à la liberté de la presse dans les deux pays ;
- Une meilleure protection des journalistes, avec des enquêtes rapides et impartiales sur les agressions et menaces ;
- Le respect des obligations internationales en matière de droits humains, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ;
- Un soutien actif des instances africaines et internationales pour cette cause.
En cette période de crise sécuritaire, les journalistes jouent un rôle clé dans l’information des citoyens. Leur sécurité et leur indépendance ne doivent pas être sacrifiées au nom de la lutte antiterroriste.
Liste des 29 signataires
- AfrikaJom Center
- Association des Journalistes du Burkina Faso (AJB)
- Association des Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL Sénégal)
- Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation (CENOZO)
- Centre National de la Presse Norbert Zongo (CNP-NZ Burkina Faso)
- Courrier confidentiel (Burkina Faso)
- Fédération des Journalistes Africains (FAJ)
- Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)
- Fédération Internationale pour les Droits de l’Homme (FIDH)
- France 24 (France)
- Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA)
- Human Rights Watch (HRW)
- International Press Institute (IPI)
- Jeune Afrique (France)
- Joliba TV News (Mali)
- Le Pays (Burkina Faso)
- Le Monde (France)
- Lefaso.net (Burkina Faso)
- Le Reporter (Burkina Faso)
- L’Événement (Burkina Faso)
- Libération (France)
- L’Observateur Paalga (Burkina Faso)
- Radio France Internationale (France)
- Reporters sans frontières (RSF)
- Société des Editeurs de la Presse Privée du Burkina Faso (SEP)
- Omega Médias (Burkina Faso)
- Union Internationale de la Presse Francophone (UPF)
- Union des Journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO)
- 24heures.bf (Burkina Faso)
- Wakat Sera (Burkina Faso)