9 juin 2026
f2424588-f728-40d7-a2ae-fef413cfeeb3

Le Sénégal doit privilégier le dialogue et l’unité nationale, selon Amadou Ba

Président Bassirou Diomaye Faye et Amadou Ba

L’ancien chef du gouvernement Amadou Ba a insisté, lors d’un entretien avec le président Bassirou Diomaye Faye, sur l’urgence d’un dialogue politique renforcé au Sénégal pour consolider la stabilité institutionnelle et économique du pays.

Rencontré au Palais de la République dans le cadre du Dialogue national, Amadou Ba a salué cette initiative comme une démarche « essentielle » pour le pays. Il a particulièrement souligné l’importance d’échanges approfondis autour des défis majeurs qui touchent la nation, qu’ils soient politiques, économiques ou sécuritaires.

Un appel à la concertation pour des réformes durables

Au cours de cette audience, l’ancien Premier ministre a présenté ses analyses sur plusieurs dossiers cruciaux. Il a notamment abordé les réformes institutionnelles en cours, la situation politique actuelle et les enjeux sécuritaires qui préoccupent le pays. Concernant les réformes électorales, il a jugé nécessaire d’approfondir les discussions pour bâtir des consensus plus solides et a proposé d’étendre les échanges de « dix à quinze jours supplémentaires ».

« Le Sénégal a besoin de consensus, le Sénégal a besoin de dialogue », a-t-il martelé, précisant que cette proposition émanait de sa volonté de servir l’intérêt général, et non d’une affiliation politique.

Crédibilité économique et défis financiers

Sur le plan économique, Amadou Ba a partagé ses inquiétudes quant à l’impact de la conjoncture internationale sur l’économie sénégalaise. Les difficultés actuelles pèsent déjà lourdement sur les populations, a-t-il alerté. Il a également évoqué les relations du Sénégal avec le Fonds monétaire international (FMI), rappelant que le pays n’a bénéficié d’aucun décaissement de cette institution pendant six ans sous sa direction au ministère des Finances. « Le Sénégal est resté douze ans sans programme avec le FMI », a-t-il souligné.

Malgré cette absence de financement, le Sénégal a su préserver sa crédibilité auprès des partenaires internationaux. Aujourd’hui, le contexte économique exige des compromis pour permettre au pays d’accéder aux ressources nécessaires à son développement et à ses investissements.

L’ancien ministre des Finances a également mis en garde contre les conséquences des dégradations successives des notations financières du Sénégal. Ces baisses augmentent le coût des emprunts et limitent les marges de manœuvre de l’État pour financer ses projets.

Sécurité et stabilité sous-régionale

Les échanges ont également porté sur les questions sécuritaires dans un contexte marqué par des tensions régionales croissantes. Amadou Ba a insisté sur la nécessité d’un dialogue élargi pour aborder ces enjeux, tout en plaidant pour un soutien accru aux forces de défense et de sécurité du Sénégal.

Enfin, il a réaffirmé son ancrage dans l’opposition tout en appelant à une approche apaisée pour les questions d’intérêt national. « Je reste dans l’opposition, mais certaines questions dépassent les clivages politiques. Il est impératif d’agir avec sérénité dans l’intérêt supérieur du pays », a-t-il conclu.