Le Bénin et le Maroc viennent de franchir une étape historique dans leur relation bilatérale. À l’occasion de la 7ᵉ session de la Commission mixte de coopération, tenue à Cotonou, les deux pays ont scellé un partenariat ambitieux, marqué par l’examen d’une exemption de visa pour les détenteurs de passeports ordinaires des deux nations. Une décision qui pourrait redéfinir les échanges économiques, académiques et culturels entre Rabat et Cotonou.
Une avancée diplomatique majeure à Cotonou
La capitale économique du Bénin a accueilli, le 21 juillet 2026, une rencontre diplomatique d’envergure. Les discussions, menées lors de la 7ᵉ Commission mixte bénino-marocaine, ont permis de concrétiser une volonté commune : transformer une amitié historique en un partenariat économique et humain exemplaire. C’est dans ce cadre que Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a annoncé une mesure phare : le Royaume du Maroc envisage d’examiner la suppression des visas pour les ressortissants béninois titulaires d’un passeport ordinaire.
Bien que cette exemption ne soit pas encore effective, son annonce envoie un signal fort. Elle reflète une confiance mutuelle approfondie et un alignement politique sans précédent entre les deux États.
Un coup d’accélérateur pour l’économie et les investissements
La perspective de la fin des visas suscite un enthousiasme justifié, notamment pour son impact économique. En supprimant les contraintes administratives liées aux visas, les échanges commerciaux entre le Bénin et le Maroc pourraient connaître un bond significatif. Les entrepreneurs béninois et marocains verront leurs déplacements simplifiés, réduisant ainsi les coûts de transaction et les délais souvent associés aux procédures consulaires.
Cette mesure bénéficiera particulièrement aux PME et aux start-ups des deux pays, qui pourront accéder plus facilement aux marchés respectifs. Les investisseurs marocains, déjà bien implantés dans les secteurs bancaire et des assurances en Afrique de l’Ouest, gagneront en réactivité pour développer leurs activités au Bénin. Parallèlement, les exportateurs béninois disposeront d’un accès privilégié au marché nord-africain, ouvrant de nouvelles opportunités commerciales.
« La libre circulation des entrepreneurs est un moteur essentiel du commerce transfrontalier. Éliminer les visas, c’est réduire les barrières administratives et encourager l’audace commerciale. »
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’e-Visa marocain lancé en 2024, qui avait déjà permis de fluidifier les procédures. Une exemption totale de visa marquerait une avancée décisive vers un espace économique intégré et dynamique.
Éducation, tourisme et culture : les retombées d’une mobilité renforcée
Les bénéfices de cette ouverture diplomatique dépassent largement le cadre économique. Le Maroc reste une destination prisée par les étudiants béninois pour leurs études supérieures ou professionnelles. La suppression des visas facilitera leur installation et leur intégration dans les établissements marocains, renforçant ainsi les échanges académiques entre les deux pays.
Sur le plan touristique, cette mesure promet de dynamiser les flux de visiteurs entre les deux nations. Les destinations emblématiques comme Marrakech, Fès ou Ouidah deviendront plus accessibles, stimulant à la fois les voyages d’affaires et de loisirs. Par ailleurs, cette exemption pourrait favoriser le tourisme médical et les déplacements liés aux soins de santé, tout en encourageant le partage d’expertises scientifiques et techniques.
Quatorze accords pour un partenariat stratégique
L’annonce sur les visas s’inscrit dans un contexte plus large de coopération renforcée. La 7ᵉ Commission mixte a été l’occasion de signer quatorze accords couvrant des domaines clés tels que l’économie, l’enseignement supérieur, la culture, les investissements et la coopération institutionnelle. Ces textes définissent des objectifs ambitieux, comme le renforcement des bourses d’études, la protection réciproque des investissements et le partage d’expertise dans les industries créatives.
Les deux parties ont souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux pour garantir l’application effective de ces engagements. L’objectif est clair : éviter que ces promesses ne restent sans suite et s’assurer que les projets aboutissent concrètement sur le terrain.
Une contribution à l’intégration africaine
Cette initiative s’aligne sur la vision du Maroc pour une coopération Sud-Sud solidaire et sur les ambitions du Bénin de diversifier ses partenariats régionaux. En facilitant la circulation des personnes et des biens, les deux pays envoient un message fort à l’échelle du continent. L’intégration africaine, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), se construit par des actions bilatérales concrètes et engageantes.
Reste désormais à finaliser les aspects techniques et juridiques de cette exemption de visa. Une fois effective, elle transformera indéniablement le quotidien des citoyens des deux nations, ouvrant la voie à une collaboration plus étroite et plus prospère.