9 juin 2026
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Un diagnostic national révèle des blocages majeurs

Réunion interministérielle sur les infrastructures

Le Premier ministre Ousmane Sonko a convoqué ce jeudi un Conseil interministériel décisif au Building administratif Président Mamadou Dia. L’objectif ? Lever les freins qui paralysent 245 projets et actifs publics, pour un montant global dépassant les milliers de milliards de FCFA.

L’audit gouvernemental a mis en lumière une situation préoccupante : 30 infrastructures achevées mais jamais exploitées, dont 25 toujours à l’arrêt, immobilisent 279 milliards FCFA. Quinze de ces réalisations, jugées prioritaires pour leur impact économique et stratégique, concentrent les efforts de relance immédiate.

Autre révélation de l’étude : 23 actifs en exploitation pourraient être recyclés ou optimisés, représentant une valeur potentielle de 1 065 milliards FCFA. Parallèlement, 94 chantiers en cours de réalisation, dont 62 complètement bloqués, nécessitent un investissement additionnel de 973 milliards FCFA pour aboutir.

Un patrimoine immobilier sous-exploité

L’État a également identifié 97 biens immobiliers et fonciers, principalement situés à Dakar, estimés à 132 milliards FCFA sur le marché. Ces actifs, actuellement sous-utilisés, pourraient contribuer à la revitalisation économique du pays.

Une task force pour une action immédiate

Face à l’ampleur des blocages, le chef du gouvernement a ordonné la création d’un comité de suivi placé sous sa présidence. Cette structure, opérationnelle dès aujourd’hui, aura pour mission de superviser les avancées chaque semaine et de finaliser, avant le 30 juin 2026, une feuille de route concrète.

Les priorités définies par le gouvernement s’articulent autour de trois axes principaux :

  • Finaliser les infrastructures en cours, notamment les projets portuaires stratégiques de Foundiougne, Soumbédioune et Ndangane ;
  • Valoriser les actifs publics inutilisés, comme les Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté ou les agropoles de Mpal et Adéane ;
  • Développer des modèles d’exploitation viables pour les grands chantiers bloqués, incluant l’Université du Sine-Saloum, les aéroports régionaux ou le Mémorial du Bateau Le Joola.

Les partenariats public-privé seront encouragés pour optimiser la gestion des stades nationaux, des parcs naturels et de certains biens immobiliers diplomatiques.

Des défis financiers et structurels à surmonter

Les obstacles identifiés sont multiples : retards de financement pour 42 projets, contentieux juridiques persistants, lacunes techniques ou absence de modèles opérationnels adaptés. Le Premier ministre a souligné « l’absurdité » de certaines infrastructures achevées mais jamais utilisées, souvent par manque de coordination entre les acteurs ou de réceptivité aux besoins réels des populations.

Parmi les projets emblématiques concernés : les 45 Espaces numériques ouverts (ENO), le Terminal à conteneurs du Port de Ndayane, l’hôpital Aristide Le Dantec ou encore lôpital régionaux de Saint-Louis, Matam et Kolda.

Cette initiative gouvernementale marque une volonté de rationaliser l’investissement public, réduire les actifs dormants et maximiser la rentabilité des infrastructures financées par l’État. Une démarche essentielle pour renforcer l’efficacité économique du Sénégal.