9 juin 2026
bf60f923-e1ea-4a70-b723-569aa8b45ce6

justice au Burkina Faso : une dizaine de magistrats visés par des poursuites pour corruption

actualité nationale Les autorités du Burkina Faso ont annoncé le lancement d’enquêtes judiciaires à l’encontre d’une dizaine de hauts magistrats de la cour d’appel de Ouagadougou. Selon le régime militaire en place, ces professionnels du droit sont accusés d’avoir participé à un réseau de corruption ayant faussé le cours de la justice.

justice au Burkina Faso : une dizaine de magistrats visés par des poursuites pour corruption

un système judiciaire en crise au Burkina Faso

Une dizaine de magistrats burkinabè, dont des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, sont désormais dans le collimateur de la justice. Les interpellations, menées en octobre, font suite à des auditions révélant un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag (Kôle yonré an tênga, ou « force de transformation » en langue mooré), a confirmé ces poursuites lors d’une conférence de presse.

des pratiques illégales au cœur de l’institution judiciaire

Selon les autorités, ces magistrats auraient perçu des sommes importantes pour influencer des décisions judiciaires, entraînant des jugements biaisés. Une affaire impliquant une dizaine de douaniers, relaxés après un non-lieu, a particulièrement retenu l’attention. Le Korag parle même d’une « mascarade judiciaire », dénonçant un manque de rigorisme dans la lutte anticorruption.

une lutte anticorruption au cœur des priorités du régime

Le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis 2022, a fait de la lutte contre la corruption un axe central de son action politique, s’inspirant des idéaux de Thomas Sankara. Le porte-parole du régime a réaffirmé cette volonté : « Nous allons intensifier la lutte contre la corruption et l’impunité, en particulier au sein de l’appareil judiciaire. » Ces déclarations interviennent alors que le régime est régulièrement critiqué pour son manque de transparence et ses méthodes répressives envers les opposants.
Ces dérives internes, si elles étaient confirmées, pourraient fragiliser davantage l’image déjà ternie du pouvoir militaire en place.