Six femmes ont péri tragiquement dans l’effondrement d’une mine artisanale à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, illustrant une réalité glaçante : la pauvreté extrême pousse des mères de famille à risquer leur vie chaque jour pour subvenir aux besoins de leur foyer.
Des conditions de travail inhumaines dictées par la nécessité
Travailler dans des mines d’or artisanales au Mali n’est pas un choix, mais une question de survie. Sous un soleil écrasant, des femmes, souvent mères de famille, passent plus de 12 heures par jour à extraire de l’or dans des conditions dignes du XIXe siècle. Leur objectif : rapporter quelques grammes de métal précieux pour nourrir leurs enfants. Dans la région de Kayes, cette quête désespérée les expose quotidiennement à des risques mortels.
Les zones qu’elles occupent sont les plus dangereuses des sites miniers. Exclues des galeries les plus prometteuses par leurs homologues masculins, elles se retrouvent contraintes d’exploiter des fosses abandonnées ou des mines en ruine, jugées trop risquées par les autres orpailleurs. Ces zones « résiduelles » deviennent leurs lieux de travail, et souvent de mort, lorsque les parois s’effondrent sous la pression.
Une vulnérabilité qui va bien au-delà des risques physiques
Le danger ne se limite pas aux éboulements. Ces femmes, en raison de leur précarité extrême, sont également exposées à des risques sanitaires et sociaux dévastateurs. Sans équipement de protection, elles manipulent des substances toxiques comme le mercure, mettant leur santé en péril à long terme. Leur situation les rend aussi plus vulnérables aux violences basées sur le genre et à l’exploitation sur les sites miniers.
L’accident de Kéniéty, où six femmes dont deux étaient mariées ont trouvé la mort, résume toute l’absurdité de cette situation. En cherchant désespérément de l’or dans les parois d’une ancienne mine chinoise, elles ont été victimes d’un effondrement soudain. Malgré les efforts des secouristes locaux, le poids de la terre a eu raison de leur espoir.
La nécessité d’alternatives économiques durables
Pour les habitants de Dialafara, la problématique des mines abandonnées est devenue une question de sécurité publique. Les sociétés minières, en quittant la région sans sécuriser les sites, laissent derrière elles des cratères mortels qui attirent les populations les plus démunies. Le remblayage systématique des anciennes exploitations est désormais une priorité pour éviter de nouveaux drames.
Mais au-delà de la sécurisation des infrastructures, c’est l’autonomisation des femmes qui doit être au cœur des solutions. Les autorités maliennes, notamment lors de la transition militaire, sont appelées à renforcer les programmes sociaux pour orienter ces femmes vers des activités génératrices de revenus. Sans une alternative viable à l’orpaillage, la pauvreté continuera de faire des victimes parmi les plus vulnérables du Mali.