26 mai 2026
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crise des infrastructures au Sénégal : sonko dénonce un gaspillage de 5 000 milliards de fcfa

Le Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme hier lors d’un Conseil interministériel dédié aux infrastructures et au patrimoine de l’État. Un audit révélateur met en lumière des projets publics bloqués, des actifs sous-exploités et une gestion jugée opaque. Avec un montant colossal de 5 000 milliards de FCfa engagés, les conséquences économiques et sociales s’annoncent lourdes pour le pays.

Portrait officiel d'Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal

des projets publics à l’arrêt : un bilan accablant

Lors de cette réunion gouvernementale, Ousmane Sonko a présenté les conclusions d’un audit choc sur la gestion des infrastructures et du patrimoine public. Les chiffres sont édifiants : 245 projets stratégiques, représentant plus de 5 000 milliards de FCfa, sont aujourd’hui bloqués, inachevés ou sous-exploités à travers tout le territoire. Pour le Premier ministre, ce montant équivaut presque au budget annuel du Sénégal. Routes, hôpitaux, ports, stades, lycées et bâtiments administratifs figurent parmi les infrastructures concernées.

Parmi les cas les plus frappants, 30 projets déjà finalisés mais toujours hors service, avec un coût de 279 milliards de FCfa. Le Premier ministre a cité l’exemple du Port de Dakhonga et de plusieurs infrastructures frigorifiques, des investissements lourds qui n’ont pas profité aux populations. Autre révélation : 62 des 94 chantiers en cours sont à l’arrêt, pour un montant de plus de 5 227 milliards de FCfa. Le lycée de Sandiara, dont les travaux ont commencé en 2014, illustre cette lenteur incompréhensible.

patrimoine foncier et immobilier : des cessions contestables

L’audit a également passé au crible le patrimoine foncier et immobilier de l’État. 97 biens, principalement situés à Dakar, ont été recensés pour une valeur de 132 milliards de FCfa. Ousmane Sonko a dénoncé des cessions réalisées sans respecter les procédures légales ou sans l’autorisation parlementaire requise. Il a évoqué le cas controversé de l’ancien site du quartier général de la gendarmerie, cédé puis récupéré par l’État. Certains terrains, estimés entre 10 et 15 milliards de FCfa, auraient été vendus pour moins d’un milliard de FCfa.

des accusations de « sabotage judiciaire »

Le volet judiciaire a occupé une place centrale lors de ce Conseil. Ousmane Sonko a exprimé son incompréhension face à l’absence de poursuites dans les affaires de détournements ou de mauvaise gestion. Il a évoqué un « sabotage judiciaire » et remis en cause l’efficacité de la reddition des comptes, allant jusqu’à s’interroger publiquement : « Je me demande même si cela vaut la peine de continuer ». Selon lui, certains magistrats freineraient l’examen des dossiers sensibles, alors que les citoyens sont appelés à faire des sacrifices.

Face à ces critiques, la ministre de la Justice Yassine Fall a promis que les responsables seraient tenus de rendre des comptes. Mais le Premier ministre reste sceptique et a menacé de « hausser le ton » dans les prochains jours.

un comité de suivi pour relancer les projets

Pour remédier à cette situation, Ousmane Sonko a annoncé la création immédiate d’un comité de suivi placé sous son autorité directe. Cette structure aura pour mission de recenser les projets bloqués, d’identifier les responsabilités et de proposer des solutions de financement. Le gouvernement mise aussi sur des partenariats public-privé et le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) pour revaloriser certains actifs.

Onze directives ont été arrêtées, dont deux mesures phares : la poursuite de l’inventaire des projets et la mise en place d’un comité inclusif chargé de veiller à leur exécution. Les autres mesures concernent la planification des infrastructures, avec une attention particulière portée aux raccordements (eau, électricité, télécommunications) et à leur équipement. L’objectif ? Assurer la durabilité des investissements publics.