10 juin 2026
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Le Premier ministre Sonko impose une accélération des infrastructures publiques au Sénégal

Face aux retards persistants dans la réalisation de nombreux projets stratégiques, Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a convoqué un conseil interministériel dédié aux infrastructures. Réuni à Dakar, ce rassemblement gouvernemental a mis en lumière l’urgence d’agir pour lever les blocages administratifs, financiers et techniques qui paralysent des dizaines de chantiers essentiels au développement du pays.

Des infrastructures maritimes et portuaires prioritaires

Parmi les projets les plus critiques figurent plusieurs infrastructures maritimes et portuaires en attente d’achèvement. Ousmane Sonko a interpellé la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, exigeant des mesures concrètes pour une exploitation rapide et optimale de ces équipements. L’accent a été mis sur le renforcement des partenariats public-privé afin de garantir leur viabilité économique.

Les sites concernés incluent notamment le port de Foundiougne-Ndakhonga, le quai de pêche de Ndangane Sambou, le point de débarquement de Soumbédioune, ainsi que les unités de transformation de Rufisque. Les dragues de l’Agence nationale des affaires maritimes, déployées dans les régions de Kaolack et Fatick, sont également visées par ces directives.

62 chantiers bloqués : un inventaire complet pour une relance ciblée

Le gouvernement a dressé un état des lieux précis de la situation : 62 projets d’infrastructures sont actuellement paralysés, parmi lesquels des équipements majeurs comme l’Université du Sine-Saloum El Hadj Ibrahima Niass, des espaces numériques ouverts, les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam et Kolda, ou encore le terminal à conteneurs du port de Ndayane. Les chambres froides et le mémorial du bateau “Le Joola” figurent également sur cette liste.

La reconstruction de l’hôpital Aristide-Le-Dantec à Dakar, emblématique de cette problématique, a également été pointée du doigt. Pour y remédier, un comité spécialisé sera mis en place afin de superviser les décisions prises et de proposer des solutions financières, administratives et juridiques adaptées.

Des exigences strictes pour une finalisation qualitative

Ousmane Sonko a rappelé avec fermeté que tous ces projets devront être achevés « dans le strict respect des normes de qualité et de maîtrise des coûts ». Une attention particulière a été portée sur l’intégration des réseaux essentiels : eau, électricité et télécommunications doivent être systématiquement inclus dans la planification des infrastructures. Les ministres ont été chargés de veiller à la maintenance durable des équipements techniques et à la viabilité des modèles d’exploitation retenus.

Des échéances précises pour les maisons de la jeunesse et de la citoyenneté

Les maisons de la jeunesse et de la citoyenneté, actuellement en construction dans plusieurs villes (Tivaouane, Mbour, Linguère, Ranérou, Bambey, Diourbel, Kaolack et Tambacounda), ont fait l’objet d’un suivi spécifique. Le Premier ministre a fixé un délai impératif : leur équipement complet et leur mise en service doivent être effectifs avant le 30 novembre 2026.

Agropoles et fermes villageoises : des modèles durables à définir

Les fermes villageoises “Naatangué” et plusieurs agropoles en développement, notamment à Mpal, Adéane, Dioulacolon et Mbellacadiao, ont également été passés au crible. Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de concevoir des modèles d’exploitation pérennes en collaboration avec des partenaires privés, afin d’assurer à la fois la rentabilité économique et l’impact social de ces infrastructures agroindustrielles.

Valorisation des actifs publics : des pistes innovantes explorées

Le Premier ministre a encouragé les ministères à étudier des solutions innovantes pour optimiser l’exploitation des infrastructures publiques. Parmi les options envisagées : la location, les concessions à long terme, les baux emphytéotiques ou encore des partenariats public-privé. Ces mécanismes visent à mobiliser de nouveaux investissements tout en garantissant une gestion efficace des ressources.

Les stades nationaux, les infrastructures sportives, les parcs nationaux, les réserves naturelles et même le patrimoine immobilier des missions diplomatiques sénégalaises à l’étranger ont également été passés en revue lors de cette réunion gouvernementale.

Enfin, une réflexion a été engagée sur la valorisation des actifs immobiliers et fonciers de l’État, y compris ceux des armées. L’objectif ? Proposer des mécanismes de recyclage permettant d’en maximiser l’utilité au service du développement national.