Une situation alarmante depuis 2023
Au Burkina Faso, les combats entre l’armée régulière et ses milices alliées, ainsi que le groupe armé islamiste Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), ont causé la mort de plus de 1 800 civils depuis 2023. Des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers, victimes de violences ininterrompues.
Des exactions commises par tous les camps
- L’armée burkinabè et ses alliés (VDP) : plus de 400 civils tués en décembre 2023 lors de l’opération Tchéfari 2, avec des accusations de nettoyage ethnique ciblant les communautés peules, accusées de soutenir les groupes islamistes.
- Le GSIM (lié à Al-Qaïda) : massacres de civils, comme à Barsalogho en août 2024 (133 morts, dont des enfants), en représailles contre les VDP. Le groupe impose aussi des sièges prolongés dans plusieurs localités, provoquant famines et maladies.
- La junte militaire : répression systématique de l’opposition, des médias indépendants et des voix dissidentes, étouffant toute information sur la crise.
Des crimes de guerre et contre l’humanité avérés
Human Rights Watch a documenté 57 incidents graves entre janvier 2023 et août 2025, incluant :
- Des massacres ciblés (ex. : 13 civils peuls tués à Bassé en novembre 2023).
- Des attaques contre des civils et des biens civils (pillage, destruction d’infrastructures).
- Des déplacements forcés massifs, avec des milliers de personnes contraintes à l’exil.
Ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, selon les critères internationaux. Le président Ibrahim Traoré, commandant suprême des forces armées, et six hauts commandants militaires pourraient être tenus pour responsables au titre de la responsabilité de commandement.
Une impunité généralisée
Les victimes et leurs familles dénoncent l’absence totale de justice. Les autorités burkinabè minimisent ou nient les allégations, surtout concernant les exactions commises par l’armée et les VDP. Aucune enquête crédible n’a été menée.
Les partenaires internationaux du Burkina Faso (ONU, Union africaine, UE, États-Unis) sont appelés à agir pour briser le cycle d’impunité. Des sanctions ciblées contre les responsables identifiés par HRW sont recommandées, ainsi qu’un examen préliminaire par la CPI sur les crimes commis depuis septembre 2022.
Un appel à l’action internationale
« L’ampleur des atrocités au Burkina Faso est tragique, et l’indifférence du monde est inacceptable », déclare Philippe Bolopion, directeur exécutif de HRW. « Les organismes régionaux et les gouvernements doivent exiger des comptes et mettre fin à cette spirale de violence ».
Recommandations clés :
- Coopérer avec les autorités burkinabè pour faire cesser les violations.
- Imposer des sanctions aux commandants responsables.
- Ouvrir une enquête de la CPI sur les crimes présumés.
- Protéger les civils et faciliter l’accès humanitaire.
Cette crise, largement ignorée, exige une mobilisation urgente pour sauver des vies et rétablir la justice.