9 juin 2026
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Dakar – Le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé ce jeudi le bilan alarmant des projets d’infrastructures suspendus au Sénégal, lors d’une réunion interministérielle dédiée à ce sujet. Au total, 245 chantiers, représentant un investissement public de 279 milliards de francs CFA, sont actuellement à l’arrêt sur l’ensemble du territoire national.

Un diagnostic révélateur : des actifs dormants de près de 280 milliards

Lors de cette rencontre, Sonko a rappelé que le Conseil des ministres du 15 avril avait mandaté les départements ministériels pour réaliser un recensement complet des infrastructures bloquées. Les résultats de ce diagnostic technique sont sans appel : 245 projets sont concernés, qu’il s’agisse de travaux en cours ou d’ouvrages achevés mais jamais exploités. Ces chantiers inachevés ou inutilisés constituent ce que le Premier ministre qualifie d’« actifs dormants », un manque à gagner estimé à 279 milliards de francs CFA.

Les causes identifiées : manque de moyens et négligences multiples

Parmi les raisons évoquées pour expliquer ces blocages, Ousmane Sonko a pointé du doigt le manque de ressources financières, identifié comme « la cause dominante ». Cependant, d’autres facteurs entrent en jeu : des problèmes techniques non anticipés, des lacunes dans la planification, et surtout, une absence de vision globale lors de la conception des infrastructures. Sonko a souligné l’« inconcevabilité » de construire des équipements publics sans prévoir leur exploitation future, une négligence qui pèse lourdement sur le budget de l’État.

Des mesures immédiates pour relancer les projets

Face à cette situation, le Premier ministre a annoncé deux décisions majeures. D’abord, la mise en place d’un comité dédié à la Primature, chargé de finaliser l’inventaire des projets bloqués et d’accélérer leur reprise. Ensuite, une demande formelle a été transmise aux ministères pour compléter ce bilan, jugé encore « partiel ». Sonko a également insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles dès la phase de conception, notamment pour les raccordements aux réseaux hydrauliques et électriques, sources fréquentes de complications.

Une tolérance zéro face aux retards et aux manquements

Le chef du gouvernement sénégalais n’a pas caché son mécontentement face aux « pertes énormes » engendrées par ces blocages. Il a pointé du doigt la roublardise, la négligence et le laxisme des acteurs impliqués, qualifiant ces pratiques de « conséquences directes » des retards et des défaillances observées. Sonko a appelé à une tolérance zéro pour inverser cette tendance et garantir la livraison des infrastructures dans les délais impartis.