Un plaidoyer pour une gestion rigoureuse des ressources publiques
Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a réitéré son engagement en faveur d’un encadrement strict des fonds politiques. Une initiative qui s’inscrit dans la droite ligne des promesses portées par son parti, le Pastef, depuis plusieurs années.
Face aux députés, Ousmane Sonko a clairement distingué sa position de celle du président Bassirou Diomaye Faye. Pour lui, l’objectif n’est pas d’éliminer ces fonds, mais de les soumettre à un contrôle rigoureux afin d’assurer leur transparence et leur bonne utilisation.
« Chaque franc dépensé au nom de l’État doit être justifié et tracé », a-t-il déclaré avec fermeté devant l’hémicycle. Le Premier ministre a ainsi rappelé que la gestion des ressources publiques doit répondre à un impératif de responsabilité envers les citoyens.
Ousmane Sonko a également révélé que des fonds politiques, estimés à près de 1,77 milliard de francs CFA, sont gérés sous sa responsabilité à la Primature. Une transparence qu’il assume pleinement, précisant que cette démarche ne vise aucune personnalité en particulier.
Le débat sur la gestion de ces fonds révèle des divergences avec le chef de l’État. Bassirou Diomaye Faye avait récemment évoqué la nécessité de maintenir ces ressources pour couvrir des dépenses stratégiques, notamment en matière de sécurité, de renseignement et de diplomatie.
Pour appuyer sa position, Ousmane Sonko a cité des exemples internationaux, soulignant que plusieurs pays occidentaux, comme la France, appliquent déjà des mécanismes de contrôle institutionnel sur ces fonds. Une référence qui pourrait inspirer des réformes locales.
Le Premier ministre a par ailleurs confirmé avoir échangé avec le président de la République après le dépôt d’une proposition parlementaire par le député Guy Marius Sagna. Pour lui, une saisine du Parlement sur ce sujet pourrait fragiliser la stabilité politique du régime.