9 juin 2026
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Dans la nuit du 7 décembre 2025, des coups de feu ont retenti près du palais présidentiel à Cotonou, capitale économique du Bénin. Des militaires ont immédiatement bloqué les accès stratégiques, confirmant une tentative de déstabilisation visant le président Patrice Talon. Selon les autorités béninoises, cette action a été déjouée en quelques heures seulement.

Le président Patrice Talon a rapidement rassuré la population en déclarant que la situation était « totalement sous contrôle ». Une adresse à la Nation diffusée en soirée a permis de confirmer que l’ordre républicain avait été préservé. « Cette forfaiture ne restera pas impunie », a-t-il martelé, tout en saluant le professionnalisme des forces de sécurité déployées sur place.

Une instabilité régionale qui secoue l’Afrique de l’Ouest

Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte régional marqué par une instabilité politique croissante. Depuis le début des années 2020, plusieurs pays ouest-africains ont connu des mutations institutionnelles brutales : Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée et plus récemment Guinée-Bissau en novembre 2025. Ces événements ont fragilisé la sécurité et la stabilité de la sous-région, poussant le Bénin à renforcer ses dispositifs de protection.

Le Bénin, souvent présenté comme un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest, fait face à des tensions internes liées notamment à la préparation des élections présidentielles de 2026. L’exclusion du principal parti d’opposition a alimenté des mouvements de contestation, renforçant les craintes d’une dérive autoritaire sous la présidence de Patrice Talon.

Réaction immédiate des autorités et soutien international

Dès l’annonce de la tentative de putsch, des barrages militaires ont été installés autour du palais présidentiel et du camp militaire de Guézo. Selon des sources sécuritaires, une douzaine de soldats ont été arrêtés, dont certains membres actifs du mouvement séditieux. Le lieutenant-colonel Pascal Tigri, suspecté d’être l’instigateur, n’a pas encore été officiellement identifié parmi les détenus.

Face à cette crise, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec célérité. Un déploiement militaire conjoint, incluant des troupes du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana, a été annoncé pour soutenir les forces béninoises. L’aviation nigériane a même mené des frappes aériennes sur Cotonou, en coordination avec les protocoles de la CEDEAO.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la Force en attente, un dispositif régional chargé de garantir la paix et la stabilité. Rappelons que cette force avait déjà été mobilisée en Gambie en 2017 pour éviter une crise post-électorale. Cependant, en 2023, elle n’avait pas pu intervenir au Niger après le coup d’État.

L’Union africaine (UA) a également condamné « fermement et sans équivoque » cette tentative de déstabilisation, réaffirmant son attachement aux institutions démocratiques.

Cotonou entre inquiétude et reprise progressive

En début de soirée, les rues de Cotonou, normalement animées, se sont progressivement vidées, tandis que les habitants adoptaient une attitude prudente. « Ce soir, on va essayer de rentrer plus tôt. On ne sait pas qui est à l’origine de ce coup d’État », témoigne Michelle Eudoxie, une coiffeuse de 50 ans. D’autres habitants, comme Nabil Sacca, un vendeur d’essence, ont confirmé avoir entendu des détonations en début de matinée et préféré s’éloigner du quartier présidentiel par crainte pour leur sécurité.

Malgré ce climat tendu, Patrice Talon a confirmé que l’ordre public serait maintenu sur l’ensemble du territoire. Son second mandat s’achèvera en 2026, avec Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances, comme successeur désigné. Ce dernier est donné favori pour l’élection présidentielle d’avril 2026, dans un contexte où l’opposition a été largement marginalisée.

Anatole Zinsou, informaticien à Cotonou, souligne « une tension palpable depuis des mois », liée notamment à l’exclusion de certains acteurs politiques des processus électoraux. Patrice Talon, bien que salué pour ses réformes économiques, est régulièrement critiqué pour son autoritarisme croissant dans un pays autrefois réputé pour sa démocratie dynamique.

Les événements récents rappellent à la population béninoise les traumatismes des coups d’État passés, notamment celui de 1972. « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu », confie Remy Agblo, un commerçant. Heureusement, cette fois-ci, la stabilité a été préservée.

La France et les puissances étrangères en alerte

La France, ancienne puissance coloniale, a réagi avec prudence. Elle a appelé ses ressortissants à la plus grande vigilance et à rester confinés en raison d’un contexte encore volatile. Cette réaction illustre les enjeux géopolitiques liés à la stabilité du Bénin, un pays stratégique en Afrique de l’Ouest.