Un pays en première ligne face à la crise des réfugiés
Dans le contexte du conflit au Soudan, le Tchad s’affirme comme une terre d’accueil pour les populations fuyant les violences. Le pays, qui abrite le plus grand nombre de réfugiés par habitant en Afrique centrale, a vu sa situation humanitaire s’améliorer légèrement en 2025. Pourtant, malgré cette avancée, il reste confronté à des défis majeurs pour répondre aux besoins de sa population et de ses hôtes.
Avec plus de 1,5 million de réfugiés soudanais accueillis depuis le début des hostilités en avril 2023, le Tchad incarne une solidarité internationale saluée par les Nations Unies. « L’accueil des réfugiés par le Tchad est un acte de bravoure et de solidarité sans précédent », a souligné le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.
Des vulnérabilités structurelles aggravées par la crise
Le Tchad, classé parmi les pays les plus pauvres au monde, fait face à une pauvreté endémique touchant près de 42 % de sa population. La guerre au Soudan a encore accentué les pressions sur un État déjà fragilisé par des chocs climatiques et des tensions sécuritaires.
Les inondations répétées, notamment en 2024, ont détruit plus de 432 000 hectares de terres agricoles, privant des millions de personnes de leurs moyens de subsistance. Ces catastrophes naturelles ont également favorisé la propagation d’épidémies, comme le choléra, et aggravé les conditions de vie dans un pays où deux millions d’enfants risquent de souffrir de malnutrition aiguë d’ici 2026.
Une insécurité persistante et des enjeux humanitaires majeurs
Les défis du Tchad ne se limitent pas à l’accueil des réfugiés. Le pays est également aux prises avec des groupes armés tels que Boko Haram, qui alimentent l’insécurité dans la région du lac Tchad. Ces violences ont déjà provoqué le déplacement de plus de 250 000 personnes, tandis que les réseaux de trafic et les violences basées sur le genre aggravent encore la situation.
Avec 87 % des réfugiés tchadiens étant des femmes et des enfants, les besoins en protection et en assistance restent criants. Les communautés locales, déjà en difficulté, doivent faire face à une pression accrue sur les ressources disponibles.
L’action humanitaire en première ligne
Face à cette crise multidimensionnelle, le gouvernement tchadien et les agences des Nations Unies, comme le HCR et l’OCHA, ont mis en place des solutions pour soutenir les populations affectées. Depuis 2023, 67 % des réfugiés soudanais ont pu être relogés dans des camps et des zones d’accueil, où ils bénéficient d’une assistance vitale.
Le Plan d’action humanitaire 2026, doté d’un budget de 986 millions de dollars, vise à venir en aide à 3,4 millions de personnes, dont une grande partie de réfugiés. Les efforts se concentrent sur les régions les plus touchées, comme l’est du pays et la province du Lac.
Un témoignage poignant : Radwa Abdelkarim
Radwa Abdelkarim, une mère de six enfants, a fui le Soudan en juin 2023 après avoir tout perdu. Grâce à l’aide du HCR et à son esprit entrepreneurial, elle a pu créer une entreprise florissante dans le camp de réfugiés de Farchana. Aujourd’hui, elle emploie 12 autres réfugiés et soutient activement les femmes de sa communauté.
Son histoire illustre la résilience des populations tchadiennes et des réfugiés, qui continuent de se battre pour reconstruire leur vie malgré les épreuves.