9 juin 2026
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Le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD) a marqué un tournant dans le débat sur l’égalité des genres en organisant, à Dakar, un séminaire dédié à la participation politique des femmes au Sénégal. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de placer les femmes au cœur des processus décisionnels, pilier essentiel pour l’édification d’une démocratie aboutie et d’une société plus juste.

Lors de cette rencontre, Bator Seck, présidente du RFLD au Sénégal, a rappelé avec force que « la démocratie sénégalaise ne saurait être complète sans une représentativité équilibrée entre les genres ». Elle a souligné que l’avenir du pays ne doit plus se construire « pour les femmes, mais avec elles », une vision partagée par de nombreuses organisations engagées pour l’égalité.

Ce réseau, qui s’étend au-delà des frontières sénégalaises avec des antennes au Ghana, en Gambie et au Bénin, déploie des actions variées : plaidoyer législatif, renforcement des communautés locales, financement de projets concrets, et défense des droits fondamentaux. Ses champs d’intervention couvrent la santé reproductive, l’espace civique, ainsi que les enjeux climatiques, illustrant son approche multidimensionnelle en faveur des droits des femmes.

Un recul alarmant de la place des femmes en politique

Malgré les avancées législatives majeures, comme la loi sur la parité de 2010 ou la Constitution de 2001 qui consacre l’égalité entre les sexes, les chiffres récents peignent un tableau moins encourageant. Selon Bator Seck, les élections législatives anticipées de novembre 2024 ont révélé une baisse significative de la représentation féminine à l’Assemblée nationale, passant de 44,2 % à 41 %. Pire encore, seulement 13 % des têtes de listes étaient portées par des femmes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 558 communes que compte le Sénégal, seules 18 sont dirigées par des femmes. Quant aux conseils départementaux, composés de 43 membres, seuls trois sont présidés par des femmes. Ces disparités révèlent des freins structurels, des résistances culturelles persistantes, ainsi que des inégalités criantes en matière d’accès au pouvoir, de financement des campagnes et de visibilité médiatique.

Les femmes, piliers invisibles mais indispensables du développement

Pourtant, les femmes sénégalaises jouent un rôle clé dans la vitalité économique, sociale et politique du pays. Elles s’investissent dans l’éducation, la santé, les luttes sociales et la promotion de la paix, contribuant ainsi à la résilience et à la cohésion nationale. Leur engagement, bien que souvent sous-estimé, est un levier essentiel pour un développement durable et une bonne gouvernance.

Plusieurs personnalités ont apporté leur soutien à cette cause lors du séminaire. Une représentante du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a souligné que « l’implication des femmes en politique est un accélérateur de progrès », tandis que Fatoumata Guèye Ndiaye, présidente d’honneur de l’Association des juristes sénégalaises, a appelé à une révision de la loi sur la parité. Son objectif ? Élargir davantage la présence féminine dans les postes exécutifs et les instances dirigeantes des partis politiques.