Au lendemain des propos d’Ousmane Sonko remettant en cause la stratégie du président Bassirou Diomaye Faye, Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Diomaye Président, a pris la parole ce matin pour apaiser les tensions. L’ancienne garde des Sceaux a catégoriquement rejeté l’idée d’un relâchement dans les réformes promises aux citoyens sénégalais.
Face aux accusations de Sonko sur une prétendue modération dans la lutte contre la mauvaise gestion publique, Mimi Touré a opposé une réponse cinglante : « Qualifier cela de fin de la reddition des comptes relève d’une méconnaissance totale. Il s’agit plutôt du commencement d’une justice enfin indépendante ».
Dans les rangs du gouvernement, l’heure est à la clarification des priorités. Les responsables insistent sur le fait que la rigueur juridique et l’efficacité économique doivent désormais primer sur les logiques politiques partisanes. Aminata Touré a rappelé avec force qu’un juge ne sanctionne pas une personne en raison de son opposition, mais sur la base de preuves tangibles et de la loi.
Dette publique : vers un « reprofilage » plutôt qu’une restructuration
La question de la dette, particulièrement sensible, a également été abordée. Contrairement aux craintes évoquées par certains, le pouvoir en place rejette catégoriquement l’hypothèse d’une restructuration brutale, synonyme pour beaucoup de régression sociale. Le gouvernement sénégalais mise plutôt sur un « reprofilage » de la dette, une approche perçue comme plus adaptée aux réalités économiques actuelles.
Ce terme, moins chargé historiquement, vise à éviter les écueils des programmes d’ajustement structurel des années 1980, marqués par des licenciements massifs et une réduction drastique des dépenses sociales. L’objectif affiché ? Construire une gestion financière durable, tout en préservant les acquis sociaux pour les populations.