9 juin 2026
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Washington frappe le M23 et les FDLR : deux commandants sanctionnés pour déstabilisation à l’est de la RDC

Le département du Trésor américain a annoncé ce mardi l’application de sanctions ciblées à l’encontre de deux figures majeures des groupes armés actifs dans l’est de la République Démocratique du Congo. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des efforts diplomatiques et sécuritaires soutenus par les États-Unis pour restaurer la stabilité dans la région. Les sanctions visent à geler les avoirs des individus concernés et à restreindre leurs mouvements internationaux.

John Imani Nzenze : la main droite du M23 sous le feu des sanctions

Parmi les personnes désignées, figure John Imani Nzenze, identifié comme le chef des services de renseignement du Mouvement du 23 mars (M23). Proche collaborateur de Sultani Makenga, lui-même déjà sous sanctions onusiennes et américaines, Nzenze est une figure historique du groupe rebelle. Son implication remonte à la première insurrection du M23 entre 2012 et 2013, période au cours de laquelle il a dirigé plusieurs offensives contre les Forces Armées de la RDC dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les autorités américaines le considèrent comme un acteur clé de la déstabilisation régionale.

Selon les informations transmises par le Trésor américain, Nzenze aurait joué un rôle central dans l’organisation logistique et stratégique des opérations militaires du M23, contribuant ainsi à l’escalade des tensions dans l’est congolais. Son inclusion dans cette liste de sanctions vise à couper les financements et les soutiens dont il pourrait bénéficier depuis l’étranger.

Gustave Kubwayo alias « Colonel Sirkoof » : un responsable des FDLR ciblé

Côté Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), c’est Gustave Kubwayo, également connu sous le pseudonyme de « Colonel Sirkoof », qui est frappé par ces mesures. À la tête d’une unité spécialisée dans le renseignement et les opérations spéciales, Kubwayo est actif dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Les FDLR, groupe armé majoritairement composé de Rwandais ayant fui après le génocide de 1994, sont régulièrement accusés de violations des droits humains et de collaboration avec des éléments criminels locaux.

Les États-Unis ont souligné que Kubwayo est impliqué dans des activités de déstabilisation, notamment en facilitant le recrutement et la logistique des milices affiliées aux FDLR. Ses avoirs, ainsi que ceux des entités liées à son commandement, sont désormais bloqués sur le territoire américain ou sous juridiction américaine.

Un message clair à la région

L’annonce de ces sanctions a été accompagnée d’une déclaration du secrétaire au Trésor Scott Bessent, réitérant les exigences de Washington. Les États-Unis demandent instamment à la RDC de neutraliser définitivement les FDLR et leurs alliés, tout en exigeant du Rwanda le retrait immédiat de ses troupes du territoire congolais et la cessation de tout appui au M23. Ces conditions s’alignent sur les Accords de Washington, signés le 4 décembre 2025, qui visent à apaiser les tensions entre les deux pays.

Les sanctions prises aujourd’hui s’ajoutent à une série de mesures coercitives précédemment appliquées contre d’autres responsables des groupes armés et des autorités rwandaises. Elles marquent une intensification de la pression diplomatique et financière exercée par les États-Unis pour contraindre les acteurs régionaux à respecter leurs engagements en matière de paix et de sécurité.

Conséquences concrètes pour les personnes sanctionnées

Toute personne ou entité détenant des avoirs ou des fonds en lien avec Nzenze ou Kubwayo est désormais tenue de les geler immédiatement. Les transactions financières impliquant ces individus sont interdites, sous peine de sanctions supplémentaires. Cette décision illustre la volonté de Washington de couper les financements des groupes armés responsables de l’instabilité chronique dans l’est de la RDC.

Ces mesures surviennent alors que les tensions persistent dans la région, avec des rapports récurrents d’affrontements entre les FARDC et les milices, ainsi que des accusations croisées entre Kinshasa et Kigali concernant le soutien à des groupes armés. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, dans l’espoir que ces sanctions contribuent à une désescalade durable.

Légende : Des personnes arrêtées par les rebelles de l’AFC/M23 à Goma.