Le Bénin a récemment adopté une nouvelle version de sa Constitution, un texte qui suscite de vives réactions au sein de l’opposition politique. Cette révision, menée en urgence le 1er novembre, introduit des modifications structurelles majeures pour l’organisation institutionnelle du pays. Parmi ces changements, la création d’un ticket présidentiel retient particulièrement l’attention. Cette innovation électorale prévoit l’élection simultanée du président de la République et de son vice-président, avec une exigence de majorité absolue obtenue en deux tours de scrutin.
La nouvelle Constitution béninoise marque également un tournant avec plusieurs mesures symboliques et pratiques. D’abord, elle abolira la peine de mort, une décision saluée par les défenseurs des droits humains. Ensuite, elle instaure la Cour des comptes, un organe chargé de veiller à la bonne gestion des finances publiques. Par ailleurs, elle intègre le principe de discrimination positive en faveur des femmes, leur réservant des places lors des scrutins électoraux.
Sur le plan parlementaire, des ajustements significatifs ont été apportés. Les députés verront leur mandat limité à trois législatures. Une mesure rétroactive permettra aux parlementaires ayant cédé leur siège à leur suppléant de retrouver leur fonction sous certaines conditions. Concernant l’exécutif, la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux successifs est renforcée : aucun candidat ne pourra désormais briguer plus de deux mandats au cours de sa carrière politique.
2026 : un triple scrutin historique au Bénin
Les prochaines élections de 2026 s’annoncent comme un moment décisif pour le Bénin. Les citoyens seront appelés à se prononcer lors de trois scrutins majeurs qui redéfiniront l’équilibre des pouvoirs dans le pays. Ces élections coïncideront avec la mise en œuvre progressive des nouvelles dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives au ticket présidentiel et aux quotas de genre.