9 juin 2026
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Manifestation contre la révision constitutionnelle en RDC

La RDC à l’épreuve d’une révision constitutionnelle controversée : Félix Tshisékédi face à la résistance populaire


La nouvelle initiative de modification de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC) suscite des tensions croissantes. Depuis plusieurs semaines, des voix influentes s’élèvent pour dénoncer une tentative de maintenir Félix Tshisékédi au pouvoir au-delà de deux mandats. Face à cette perspective, l’opposition et la société civile, regroupées au sein de la coalition C 64, ont lancé un appel retentissant : une journée « ville morte » a été organisée le 3 juin pour exprimer leur refus catégorique. Résultat ? La capitale Kinshasa, habituellement animée, s’est figée. Commerces fermés, rues désertes : le message est passé.

Révision constitutionnelle en RDC : l’issue dépendra du rapport de forces

Encouragée par ce succès mobilisateur, l’opposition promet de poursuivre son action jusqu’à ce que Félix Tshisékédi abandonne son projet de troisième mandat. Pourtant, les premiers signes montrent que le président congolais, déterminé, ne cédera pas facilement. Pour contourner les obstacles juridiques, il mise sur un référendum, une stratégie déjà observée ailleurs sur le continent. L’histoire africaine récente rappelle que les modifications constitutionnelles servent souvent à prolonger le pouvoir, comme ce fut le cas pour feu Omar Bongo au Gabon. Tshisékédi semble convaincu que cette voie lui permettra de concrétiser ses ambitions politiques.

Face à cette résistance, le pouvoir congolais contre-attaque. Des figures religieuses proches du gouvernement appellent à une contre-manifestation le 5 juin pour manifester leur soutien au chef de l’État. La bataille s’annonce donc acharnée : la révision constitutionnelle en RDC dépendra uniquement du rapport de forces. Elle pourrait aboutir si Tshisékédi l’emporte, ou être enterrée si l’opposition parvient à mobiliser massivement. Une chose est sûre : en politique africaine, les schémas se répètent. Félix Tshisékédi, qui fut lui-même un opposant farouche à Joseph Kabila en 2018, n’ignore rien des risques d’une telle entreprise. À l’époque, la pression populaire avait contraint Kabila à reculer, avant qu’il ne désigne un successeur battu sans appel.

Un troisième mandat au prix de la stabilité nationale ?

Alors que la RDC fait face à une crise sécuritaire sans précédent dans sa partie orientale, où des groupes armés défient l’autorité de Kinshasa, et qu’une épidémie d’Ebola continue de faire des ravages, Félix Tshisékédi semble s’engager sur une voie périlleuse. Plutôt que de s’attaquer aux urgences qui menacent l’existence même du pays, il privilégie une stratégie de consolidation de pouvoir. Pourtant, des acteurs majeurs de la société congolaise, comme des responsables religieux, avaient déjà alerté : un dialogue national inclusif était indispensable pour résoudre les crises multidimensionnelles qui secouent le pays. Plusieurs mois après cet appel, aucun progrès concret n’a été enregistré. Pourquoi une telle inertie ? Est-ce une confiance excessive dans sa position actuelle qui guide ses choix ? En Afrique, l’histoire montre que les dirigeants sous-estiment souvent les conséquences de leurs décisions, jusqu’à en payer le prix fort.