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Retrait de cnews au Bénin : quand le discours de haine touche les citoyens africains

Le débat sur le retrait de CNews au Bénin prend une nouvelle dimension après l’annonce de Claudy Siar, chargé de mission du président béninois Romuald Wadagni. Ce dernier exige le retrait de la chaîne française des bouquets Canal+ dans le pays, invoquant des propos jugés racistes et dégradants envers les populations africaines. Une initiative qui interroge directement les répercussions pour les citoyens, mais aussi pour l’économie et la cohésion sociale.

Des propos racistes en cause : une menace pour la dignité des Africains

Claudy Siar, figure médiatique et proche du pouvoir, dénonce depuis plusieurs mois des discours de stigmatisation récurrents sur CNews. Selon lui, ces contenus, diffusés en continu, ciblent systématiquement les Africains, remettant en cause leur identité et leur dignité. « Chaque jour, les Africains sont insultés, réduits à des clichés humiliants », déclare-t-il. Une accusation qui dépasse le cadre médiatique pour s’inscrire dans une question de respect des droits humains et de cohésion sociale au Bénin.

Pour le responsable, la diffusion de tels contenus dans un pays comme le Bénin pose un problème de fond : « Si en France, certains contenus haineux sont tolérés envers une partie de la population, le Bénin ne peut accepter une telle situation pour ses citoyens. » Une position qui reflète une volonté de protéger les populations africaines, quel que soit leur lieu de résidence.

Une démarche officielle auprès des autorités et des opérateurs

Claudy Siar ne se contente pas d’un plaidoyer public. Il a annoncé son intention d’interpeller directement Canal+ Bénin pour exiger le retrait de CNews de ses offres. Parallèlement, une rencontre avec la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) est prévue afin d’examiner les voies légales pour agir. Une démarche qui pourrait aboutir à une interdiction administrative, bien que cette étape reste conditionnée par les échanges avec les parties prenantes.

Pour l’heure, aucune décision officielle n’a été prise. Les réactions de Canal+ et les suites données par la HAAC seront déterminantes. Une demande de retrait adressée à un opérateur ne constitue pas, en soi, une interdiction, mais elle ouvre la voie à un débat plus large sur la responsabilité des médias transfrontaliers.

CNews déjà sous le feu des sanctions en France

La polémique autour de CNews dépasse les frontières béninoises. En France, la chaîne a déjà fait l’objet de sanctions financières pour des manquements liés à la diffusion de propos jugés discriminatoires. En juillet 2024, l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle) a infligé deux amendes totalisant 80 000 euros pour des séquences précises. Ces décisions rappellent que la chaîne est sous surveillance, même si elles ne valident pas l’ensemble de ses contenus comme racistes.

Pour Claudy Siar, ces précédents renforcent son argumentaire : « Les sanctions en France prouvent que CNews dépasse parfois les limites. Le Bénin ne peut ignorer ces signaux et doit protéger ses citoyens. » Une position qui soulève, en creux, la question de la liberté d’expression et de ses limites face à la lutte contre les discriminations.

Deux enjeux majeurs : la dignité et la liberté

  • La dignité des citoyens : Les discours de haine, surtout lorsqu’ils sont amplifiés par des médias, peuvent alimenter des tensions sociales et affecter le vivre-ensemble.
  • La liberté d’expression : Toute restriction doit être évaluée avec prudence pour éviter une censure disproportionnée, tout en garantissant un espace médiatique respectueux des diversités.

Que réserve l’avenir pour CNews au Bénin ?

À ce stade, le retrait de CNews des bouquets béninois n’est pas acté. Les échanges entre Claudy Siar, Canal+ et la HAAC détermineront la suite. Une interdiction administrative nécessiterait une procédure rigoureuse, tandis qu’une décision de retrait par l’opérateur dépendrait de sa propre évaluation des risques.

Une chose est sûre : cette initiative a déjà relancé le débat sur la régulation des médias étrangers et leur impact sur les sociétés africaines. Le Bénin devra trancher entre la protection de ses citoyens et le respect des principes démocratiques, dans un contexte où les frontières médiatiques s’effacent de plus en plus.