9 juin 2026
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Le débat autour du changement de la Constitution en République Démocratique du Congo continue d’alimenter les discussions publiques. L’Assemblée nationale a approuvé le 27 mai dernier le projet de loi fixant les modalités du référendum. Depuis, les tensions s’intensifient entre la majorité, qui prône une réorganisation des institutions, et l’opposition, qui y voit une manœuvre pour permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir.

RDC Kinshasa 2023 | Banderole de campagne électorale pour le président Félix Tshisekedi, 12 décembre 2023

Une jeunesse partagée face à un enjeu majeur

Au-delà des discours politiques, une question centrale se pose : que pense la jeunesse congolaise, majoritaire dans la population ? Certains jeunes à Kinshasa considèrent cette réforme comme une occasion historique de refonder la nation, tandis que d’autres s’interrogent sur le timing et les priorités du gouvernement, dans un contexte marqué par des défis économiques et sécuritaires persistants.

Katumbi hausse le ton : « une ligne rouge »

« La Constitution n’est pas une chemise que l’on change à volonté » : c’est ainsi que l’opposant Moïse Katumbi a réagi au projet de réforme constitutionnelle. Pour lui, le pouvoir franchit une ligne rouge.

DW-Interview | Belgique Bruxelles 2026 | L'opposant congolais Moïse Katumbi, lors d'un entretien avec Saleh Mwanamilongo (DW) à Bruxelles, en Belgique (06.06.26)

Manifestations, dialogue national, gouvernance et avenir politique du pays : dans une interview exclusive, Moïse Katumbi répond sans détour et interpelle directement le président Félix Tshisekedi sur ses intentions et les conséquences de ce projet pour la démocratie congolaise.

Une offensive judiciaire annoncée par la coalition C64

Ce 9 juin à Kinshasa, la coalition C64, regroupant plusieurs partis d’opposition dont celui de Moïse Katumbi, prévoit de déposer une plainte contre Félix Tshisekedi, l’accusant de tentative de confiscation du pouvoir par la force. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’escalade des tensions politiques.

Des piétons dans une rue de Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 15 août 2019

Interrogé sur cette démarche, le juriste Jonas Ngalamulume en tempère la portée, y voyant un acte surtout symbolique. Il reconnaît que la plainte s’inscrit dans une stratégie politique de l’opposition, mais souligne que ses effets juridiques concrets pourraient être limités. Néanmoins, elle contribue à alimenter le débat public et à renforcer la pression sur les institutions.

Alors que les positions se durcissent, la question de la réforme constitutionnelle dépasse désormais le cadre juridique pour devenir un enjeu politique majeur. Entre ambitions de réforme et accusations de dérive autoritaire, l’avenir institutionnel de la RDC reste suspendu aux prochaines décisions et aux réactions de la population.