15 juillet 2026
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RDC : révélation d’une fraude massive parmi les policiers

La République démocratique du Congo (RDC) traverse une crise sans précédent au sein de sa Police nationale. Un audit indépendant, commandé par les autorités, a révélé l’existence de 63.817 policiers qualifiés de « fictifs » ou « inactifs » parmi les 157.886 agents officiellement dénombrés. Ce constat alarmant réduit drastiquement le nombre d’agents réellement opérationnels, plongeant le ratio policiers/habitants à un niveau critique pour la sécurité du pays.

Pour corriger cette situation, une opération de vérification exhaustive a été lancée. Elle consiste en un contrôle physique des agents combiné à la délivrance de cartes biométriques. Le déploiement débutera à Kinshasa avant d’être étendu progressivement aux 25 autres provinces du pays. L’objectif ? Constituer une base de données fiable, supprimer les doublons et les emplois fictifs, tout en optimisant la gestion des salaires, des recrutements et des avancements.

Des policiers congolais lors d’un défilé à KinshasaDes policiers congolais, lors d’un défilé, à Kinshasa, le 24 février 2025. © HARDY BOPE / AFP

Une réforme ambitieuse pour restaurer la confiance

Selon les données de l’audit, ces effectifs irréguliers entraînent une perte annuelle estimée entre 99,8 et 233 millions de dollars pour les finances publiques. Cette initiative s’inscrit dans un vaste plan de modernisation de la Police nationale, programmé jusqu’en 2030 et doté d’un budget de 2,55 milliards de dollars. Ce projet prévoit notamment le recrutement et la formation de 90.000 nouveaux policiers, une restructuration profonde des institutions sécuritaires ainsi qu’un renforcement des liens entre la police et les citoyens.

Cette réforme intervient dans un contexte marqué par une montée alarmante de l’insécurité, particulièrement à Kinshasa. Les habitants rapportent une recrudescence des braquages, des enlèvements et des agressions armées. Face à cette situation, le président Félix Tshisekedi a ordonné au gouvernement d’intensifier la lutte contre les réseaux criminels tout en poursuivant les réformes visant à rendre les forces de sécurité plus efficaces et plus transparentes.