9 juin 2026
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Les images insoutenables du meurtre de Martinez Zogo projetées au tribunal de Yaoundé

Les audiences du 1er et 2 juin 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé ont marqué un tournant décisif dans le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. C’est lors de ces séances que les preuves numériques, analysées par l’expert judiciaire en cybersécurité Georges Bell Bitjoka, ont révélé des détails accablants pour les accusés.

Des vidéos de torture et d’assassinat dévoilées publiquement

Le professeur Georges Bell Bitjoka, 32e témoin de l’accusation, a présenté des éléments clés lors de son expertise. Parmi eux, la découverte de la vidéo de torture et d’assassinat de Martinez Zogo, stockée dans le compte Google d’un des accusés. Ces images, projetées à l’audience du 1er juin, ont provoqué une vive émotion et ont été suspendues en raison de leur caractère insoutenable.

Les vidéos et photos exposées montrent le journaliste ligoté, ensanglanté, avec l’oreille gauche partiellement sectionnée. Martinez Zogo y apparaît en train de supplier ses bourreaux, implorant leur aide dans un état de détresse extrême.

Les liens accablants entre les accusés et l’exécution

Selon les analyses du professeur Bitjoka, ces fichiers proviennent officiellement du compte Google Cloud du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, un agent en service à la DGRE (Direction Générale de la Recherche Extérieure) aujourd’hui en fuite. L’expert a également révélé des échanges et communications mettant en cause Justin Danwe, ex-directeur des opérations de la DGRE, dans l’organisation de l’opération criminelle.

Un circuit financier a été évoqué lors des débats, avec une somme de 35 millions de FCFA signalée au tribunal. Les investigations continuent pour établir les responsabilités, notamment celles de Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la DGRE, et de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, dont certaines conversations avec Danwe ont été effacées.

Une expertise technique sous le feu des contestations

Les débats du 2 juin 2026 se sont concentrés sur l’interrogatoire croisé du professeur Bitjoka. Face aux objections des avocats de la défense, il a maintenu que son analyse se limitait à une étude technique des données numériques, sans interprétation juridique ou personnelle. Les avocats des ayants droit de Martinez Zogo ont souligné des réserves sur la méthodologie employée, tout en reconnaissant l’importance des avancées apportées par ce rapport.

Le Tribunal militaire de Yaoundé a clos cette session en pleine nuit, programmant les prochaines audiences les 22 et 23 juin 2026 pour approfondir les débats.