9 juin 2026
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Prime record pour Iyad Ag Ghaly : le Mali sous pression djihadiste

Portrait d'Iyad Ag Ghaly

Le gouvernement malien a lancé une chasse à l’homme sans précédent en offrant une récompense pouvant atteindre 2 milliards de francs CFA pour la capture d’Iyad Ag Ghaly, figure centrale du terrorisme sahélien. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions extrêmes après les attaques coordonnées de Kidal et Kati, menées conjointement par les djihadistes du JNIM et les séparatistes du FLA.

Dans un communiqué officiel diffusé par la télévision d’État, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a appelé la population à collaborer avec les forces de l’ordre pour localiser sept individus considérés comme des menaces majeures contre la stabilité nationale. Parmi eux figurent des responsables de premier plan, dont le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), plus connu sous le nom de JNIM.

Ce qu’ont annoncé les autorités maliennes

Marché animé de Bamako

« Dans le cadre de la lutte antiterroriste et de la défense de l’intégrité nationale, le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique qu’une récompense financière sera attribuée à toute personne fournissant des informations vérifiables et exploitables menant à l’arrestation ou à la neutralisation des individus suivants », a déclaré le général Daoud Aly Mouhammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Les primes s’échelonnent de 500 millions à 2 milliards de francs CFA, reflétant le niveau de menace que représentent ces personnalités. Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM, cristallise les inquiétudes avec une prime exceptionnelle de 2 milliards de francs, tandis qu’Amadou Koufa et Abdoulaye Mohamed, alias Habib, se voient attribuer chacun 1,5 milliard pour leur rôle au sein de la katiba Macina.

Le Front de libération de l’Azawad (FLA) n’est pas épargné : Algabas Ag Intallah, figure politique et militaire, voit sa tête mise à prix pour 1 milliard, tandis que trois autres responsables, Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, sont recherchés pour 500 millions de francs chacun.

Contexte des attentats de Kidal et Kati

Cette annonce intervient deux mois après les attaques simultanées de Kidal et Kati, qui ont marqué un tournant dans l’escalade de la violence au Mali. Le 25 avril dernier, des groupes armés affiliés au JNIM et au FLA ont lancé une offensive d’une rare intensité, faisant plusieurs victimes dont le ministre de la Défense, Sadio Camara.

Ces événements ont révélé une alliance inédite entre djihadistes et séparatistes, une stratégie visant à déstabiliser davantage un pays déjà fragilisé par des années de crise sécuritaire. Les autorités maliennes accusent ces groupes d’avoir pour objectif de saper l’autorité de l’État et d’imposer leur loi dans des zones stratégiques.

Qui est Iyad Ag Ghaly ?

Iyad Ag Ghaly en 2012 à l'aéroport de Kidal

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly incarne une menace terroriste majeure pour le Mali et l’ensemble du Sahel. Son parcours, marqué par des alliances changeantes, illustre les complexités des conflits sahéliens.

Ancien combattant en Libye sous les ordres de Mouammar Kadhafi, il a ensuite dirigé plusieurs mouvements rebelles touaregs avant de se tourner vers l’islamisme radical. En 2007, il se lie à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), puis fonde Ansar Dine en 2012. Cinq ans plus tard, il unifie plusieurs factions sous la bannière du JNIM, un groupe affilié à Al-Qaïda et responsable d’attaques d’une violence inouïe.

Selon des analystes du Timbuktu Institute, Iyad Ag Ghaly est devenu « l’homme le plus recherché du Sahel », accusé de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale. Ses méthodes ont évolué : au-delà des combats classiques, il mise désormais sur une stratégie de blocage économique, coupant les routes, sabotant les infrastructures et asphyxiant les villes pour affaiblir l’État malien.

« Son objectif n’est pas de prendre le pouvoir à Bamako, mais de provoquer l’effondrement du régime par l’isolement et la pression populaire », explique le think tank. Cette approche, combinée à l’alliance avec les séparatistes, fait de lui une cible prioritaire pour les autorités maliennes, déterminées à briser cette dynamique avant qu’elle ne gagne davantage de terrain.

Avec une prime record de 2 milliards de francs CFA, le Mali envoie un message clair : la traque d’Iyad Ag Ghaly est désormais une question de survie nationale.