9 juin 2026
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Ségou, épicentre d’une crise de carburant qui s’aggrave

Depuis plusieurs mois, Ségou, deuxième ville du Mali, subit une pénurie persistante de carburant. Les ruptures de stock répétées, la flambée des prix et l’émergence d’un marché noir paralysent progressivement l’activité économique locale. Les habitants et les professionnels subissent au quotidien les conséquences de cette crise.

Pénurie de carburant à Bamako : des agents attendent devant une station-service malienne

Un approvisionnement sous haute tension

Ségou, située à plus de 200 kilomètres de Bamako, dépend entièrement de convois de carburant sécurisés par les Forces armées maliennes (FAMa). Ces missions de ravitaillement, qui ne s’organisent que deux à trois fois par mois, s’avèrent insuffisantes. Chaque arrivée livre une dizaine de camions-citernes, mais une grande partie du carburant est réservée aux industries et à Énergie du Mali pour alimenter le réseau électrique. Résultat : seuls trois ou quatre véhicules alimentent les stations-service, qui se retrouvent à sec en moins de quarante-huit heures.

Des stations-service en détresse

Les habitants dénoncent des ruptures de stock chroniques et réclament un approvisionnement plus stable. L’insuffisance des livraisons favorise l’apparition d’un marché noir lucratif, où le carburant se vend entre 2 000 et 5 000 francs CFA le litre, soit bien plus que les prix officiels.

Un habitant de Ségou passe devant une cabine téléphonique dans un quartier touché par la pénurie

Le marché noir, symptôme d’une crise généralisée

Dès que les stations-service sont vides, les vendeurs informels prennent le relais. Le litre d’essence se négocie entre 2 000 et 5 000 francs CFA, un tarif bien supérieur aux prix officiels. Les habitants s’interrogent sur l’origine de ce carburant vendu en dehors des réseaux agréés. La hausse des prix aggrave la précarité et alimente les tensions dans la ville.

Une économie locale en souffrance

La pénurie de carburant a des répercussions immédiates sur l’économie de Ségou. L’activité dans les rues principales est en net recul, et les transports en commun, notamment les tricycles appelés « katakatani », voient leurs tarifs doubler, passant de 100 à 200 francs CFA. Cette situation pénalise particulièrement les élèves, les enseignants et les travailleurs.

Face à cette crise, les Forces armées maliennes intensifient les patrouilles et les contrôles sur les axes routiers pour intercepter les véhicules transportant illégalement des quantités importantes de carburant. Pourtant, malgré ces mesures, les habitants réclament une solution pérenne pour sortir de cette impasse qui fragilise chaque jour davantage l’économie locale.