9 juin 2026
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Au Sénégal, le leader du Pastef, Ousmane Sonko, a détaillé mardi 2 juin les motivations derrière la décision de son parti de ne pas intégrer la nouvelle équipe gouvernementale, dévoilée la veille par le président Bassirou Diomaye Faye.

Ousmane Sonko lors d’une conférence de presse

Les échanges entre Ousmane Sonko et le chef de l’État ont révélé des désaccords profonds, notamment sur des priorités politiques majeures. Le leader du Pastef a souligné l’absence de garanties suffisantes sur des dossiers cruciaux comme la gestion de la dette publique, la reddition des comptes ou encore la renégociation des contrats stratégiques du pays.

Concernant les négociations avec le FMI, le président a indiqué qu’aucun engagement ferme n’avait été pris en faveur d’une restructuration de la dette. Sur le pouvoir d’achat, il a évoqué une application progressive de la vérité des prix pour certains produits subventionnés, une mesure jugée insuffisante par Ousmane Sonko. Enfin, sur la justice, le chef de l’État a affirmé que le système judiciaire sénégalais était déjà optimal, une déclaration qualifiée de « demi-teinte » par le leader de l’opposition.

Des exigences non satisfaites sur la répartition des portefeuilles

Outre les divergences programmatiques, la question de la répartition des postes ministériels a également joué un rôle clé. Ousmane Sonko a clairement indiqué au président Bassirou Diomaye Faye que le Pastef ne participerait pas à un gouvernement où son parti ne disposerait pas d’au moins la moitié des portefeuilles. Une condition qui n’a pas été remplie, puisque seulement cinq ministres issus de ses rangs ont été nommés, bien que non reconnus officiellement par le parti.

Malgré cette exclusion, Ousmane Sonko a tenu à préciser qu’il ne comptait pas déposer de motion de censure contre le gouvernement. Il a cependant mis en garde : « à moins que le président et ses collaborateurs ne nous attaquent en premier ». Une posture qui reflète à la fois une fermeté politique et une volonté de ne pas alimenter les tensions institutionnelles.