9 juin 2026
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Le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué, ce jeudi lors d’un Conseil interministériel dédié aux infrastructures, le manque de suites judiciaires dans les affaires de reddition des comptes. Son intervention a marqué un moment fort de la réunion, alors que la ministre de la Justice, Yassine Fall, dressait un bilan des manquements observés dans les projets de construction.

À l’issue de l’exposé de la garde des Sceaux, Ousmane Sonko a pris la parole pour exprimer son mécontentement. « Madame la ministre, qu’attendez-vous de la justice ? Parfois, je me demande si tous ces efforts sont vraiment nécessaires », a-t-il lancé, selon les propos rapportés. Il a ensuite enchaîné : « Dans ce pays, certains agissent en toute impunité, protégés qu’ils sont. Le système reste intact, des milliards sont dilapidés et aucune action en justice n’est engagée. »

Le chef du gouvernement a rappelé que leur mandat visait justement à établir les responsabilités. « À quoi bon demander aux Sénégalais de consentir de nouveaux sacrifices pour financer des infrastructures déjà réalisées, alors que des responsables se sont enrichis au passage ? Cela n’a aucun sens », a-t-il déclaré avec fermeté.

Il a également pointé du doigt le manque de transparence dans le traitement des dossiers judiciaires. « Si la justice elle-même est entachée, que fait-on de ces affaires ? Aucune poursuite n’a été engagée jusqu’à présent », a-t-il souligné, insistant sur l’urgence d’agir.

Yassine Fall assure de l’engagement de son ministère

La ministre de la Justice a ensuite réagi pour rassurer Ousmane Sonko. « Notre équipe travaille sans relâche pour que les responsables rendent des comptes. Malgré les défis structurels, nous avançons et, si Dieu le veut, des résultats concrets verront le jour pour le peuple sénégalais », a-t-elle affirmé.

Le Premier ministre n’a pas relâché la pression. Il a salué les efforts de renégociation pour la construction de nouvelles prisons, tout en rappelant l’obligation absolue de situer les responsabilités. « Peu importe l’ancienneté du régime, ministres ou directeurs généraux doivent répondre de leurs actes. Il faut sanctionner, sans exception », a-t-il insisté, évoquant même une forme de « sabotage judiciaire ».

Ousmane Sonko a demandé qu’un état des lieux soit établi pour chaque dossier, afin d’en informer publiquement la population. « Ces affaires ne concernent pas uniquement un magistrat ou un responsable politique. Elles appartiennent aux Sénégalais. Et nous allons hausser le ton pour que justice soit faite », a-t-il conclu avec détermination.