9 juin 2026
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Lors d’une audience solennelle au palais présidentiel, Brice Clotaire Oligui Nguema a officialisé l’entrée en fonction d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI). En présence des cadres de la nouvelle direction, le président gabonais a placé la fiscalité au cœur de sa vision de développement, soulignant son rôle central dans le financement des politiques publiques nationales. Un message sans ambiguïté a été adressé à l’administration : la mobilisation des recettes fiscales internes devient désormais une priorité absolue.

Une DGI transformée en pilier du redressement économique

Pour le chef de l’État, la fiscalité n’est pas qu’un outil de collecte, mais un levier stratégique pour honorer les engagements sociaux et économiques du pays. Au Gabon, où la dépendance aux revenus pétroliers reste forte, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’optimisation du recouvrement s’imposent comme des priorités incontournables. La DGI se voit ainsi attribuer une mission bien plus large que la simple gestion des impôts : elle devient un acteur clé de la crédibilité budgétaire et de la souveraineté financière du pays.

Dans ses échanges avec l’équipe dirigeante, Oligui Nguema a souligné l’importance d’une administration performante, éthique et transparente. La lutte contre la fraude, la modernisation des processus et l’amélioration du dialogue avec les contribuables figurent parmi les défis majeurs à relever. L’objectif affiché est clair : passer d’une structure perçue comme rigide à un organisme facilitateur, propice à un climat des affaires plus dynamique.

Edith Laure Mbiguidi Oyaya héritière d’un système exigeant

La nomination de la nouvelle directrice générale intervient dans un contexte économique tendu, marqué par des tensions de trésorerie et des négociations avec des institutions multilatérales. Edith Laure Mbiguidi Oyaya hérite d’une administration dont les succès conditionnent la soutenabilité de la dette publique et la capacité d’investissement de l’État. Son efficacité dépendra à la fois des ressources allouées et du soutien politique dont elle bénéficiera face aux résistances internes.

Les collaborateurs promus à ses côtés devront relever des défis majeurs : accélérer la digitalisation des télédéclarations, renforcer la traçabilité des paiements, adapter la fiscalité des grands groupes extractifs et harmoniser les pratiques avec les normes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Ces réformes, bien que déjà engagées, nécessitent une impulsion nouvelle pour répondre aux attentes d’une refondation économique ambitieuse. La DGI collabore par ailleurs avec plusieurs partenaires techniques, dont le Fonds monétaire international, pour moderniser ses outils.

La fiscalité, colonne vertébrale d’un projet de société

Depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2023 et sa confirmation par les urnes en avril 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a fait de la souveraineté budgétaire un pilier central de sa politique. Le discours officiel lie transformation économique, justice sociale et redistribution, des objectifs indissociables d’une fiscalité plus efficace et équitable. Concrètement, le gouvernement ambitionne d’augmenter la contribution des secteurs à forte valeur ajoutée tout en allégeant le fardeau des ménages les plus vulnérables.

Pourtant, les défis structurels du Gabon compliquent cette ambition. L’économie reste largement informelle, la base de contribuables est restreinte et la dépendance aux hydrocarbures persiste, influençant fortement les recettes publiques. Élargir l’assiette fiscale exige une approche équilibrée, combinant incitations à la formalisation, simplification des démarches et contrôles ciblés. La directrice générale devra concilier résultats immédiats et réformes profondes, sous la pression d’un exécutif en quête de résultats visibles.

Cette audience présidentielle envoie également un signal fort aux partenaires financiers du pays. En soutenant personnellement la nouvelle équipe, Oligui Nguema cherche à démontrer la continuité et la crédibilité de sa stratégie fiscale. Les performances des recettes non pétrolières seront scrutées de près, comme un indicateur clé de la solidité du programme économique gabonais. Le président a d’ailleurs qualifié la mission de la DGI de stratégique pour l’avenir du pays.