9 juin 2026
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Nouveau gouvernement au Sénégal : les craintes de Ousmane Sonko face à Me Moussa Sarr

Nouveau gouvernement : Ce qui fait peur à Ousmane Sonko avec Me Moussa Sarr

Le nouveau gouvernement du Sénégal suscite déjà des remous. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, exprime ses doutes quant à la nomination de Me Moussa Sarr au ministère de la Justice, un choix qui pourrait exacerber les tensions judiciaires persistantes. Une vigilance accrue est de mise selon lui.

Dès l’annonce de la composition du gouvernement, les réactions ne se sont pas faites attendre. Ousmane Sonko, figure majeure du paysage politique sénégalais, a immédiatement pointé du doigt la désignation de Me Moussa Sarr comme Garde des Sceaux. Le leader de Pastef y voit une source d’inquiétude pour son parti, déjà marqué par des relations tendues avec certaines instances judiciaires.

Sonko n’a pas manqué de souligner l’implication passée de Me Moussa Sarr dans plusieurs dossiers ayant alimenté les frictions entre Pastef et les juridictions. « Le choix opéré pour le ministère de la Justice ne nous inspire aucune confiance. Cet avocat a été un acteur central dans des affaires ayant jalonné nos rapports avec la justice », a-t-il déclaré sans détour.

Malgré ces réserves, Ousmane Sonko adopte une position prudente. Il préfère attendre les premières actions du nouveau ministre avant de trancher définitivement. Une prudence qui n’occulte pas pour autant la méfiance affichée par son parti. « Nous avons des interrogations, mais nous allons juger sur pièces. Pastef saura réagir en temps utile, notamment au sein de l’Assemblée nationale », a-t-il précisé.

Al Amine Lô dans le viseur

Les critiques de Ousmane Sonko ne se limitent pas à Me Moussa Sarr. Le Premier ministre Al Amine Lô est également sous le feu des projecteurs. Présenté comme un technocrate lors de sa nomination, il est accusé par le leader de Pastef de s’immiscer davantage dans les arcanes politiques que dans la gestion quotidienne des affaires publiques.

« Je demande au Premier ministre de se recentrer sur ses missions techniques. Son rôle n’est pas de s’engager dans des manœuvres politiques. Il a été choisi pour ses compétences, qu’il s’y tienne », a lancé Sonko avec fermeté.

Le ton monte d’un cran. Ousmane Sonko affirme détenir des informations sur certaines initiatives menées par Al Amine Lô. « Je suis au courant de bien des choses concernant ses agissements. Par égard pour notre relation, j’ai fait preuve jusqu’ici d’une grande retenue. Qu’il ne me pousse pas à réagir », a-t-il menacé.

Des responsables de Pastef dans la ligne de mire

Les tensions ne s’arrêtent pas aux portes du gouvernement. Ousmane Sonko s’en prend également à plusieurs cadres de Pastef ayant rejoint l’équipe ministérielle. Balla Moussa Fofana, Ibrahima Sy et Yankoba Diémé figurent parmi les personnalités visées par ses reproches. Le leader du parti leur reproche d’avoir accepté des postes gouvernementaux sans concertation préalable avec les instances dirigeantes de Pastef.

« Tous ceux qui ont pris place au sein du gouvernement l’ont fait de leur propre initiative. Leurs mandats seront examinés au moment opportun », a-t-il averti, laissant planer une épée de Damoclès sur leurs têtes.

Ces déclarations marquent le début des tiraillements autour de la nouvelle équipe exécutive. Cependant, c’est bien la nomination de Me Moussa Sarr au ministère de la Justice qui cristallise les inquiétudes les plus vives de Ousmane Sonko. Le leader de Pastef attend désormais des actes concrets pour confirmer ou infirmer ses craintes.