9 juin 2026
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Nassirou Bodo a été écroué à la prison de Niamey après avoir été présenté au parquet, a annoncé un média local ce mercredi soir.

Kaka Touda, une personnalité influente de la société civile, a confirmé sur les réseaux sociaux la détention de l’activiste, sans préciser les raisons exactes de son arrestation, qui fait suite à une garde-à-vue prolongée.

D’après un quotidien privé, Nassirou Bodo serait visé par une procédure judiciaire pour « diffusion d’informations de nature à perturber l’ordre public ».

Quelques jours plus tôt, l’activiste avait appelé sur Facebook les citoyens à organiser « des mouvements de protestation et de rejet des violences institutionnelles exercées par l’État » pendant « une année, renouvelable à partir du 1er juin ».

Parmi les exemples de ces violences qu’il dénonçait figuraient « l’insécurité grandissante dans plusieurs régions » et « les expulsions forcées » des habitants de l’emprise de l’aéroport de Niamey, cible d’une attaque terroriste le 29 janvier attribuée à l’État islamique au Sahel (EIS).

Les autorités justifient ces expulsions par la nécessité de « sécuriser la capitale face à la menace terroriste », invoquant la démolition d’habitations jugées « construites illégalement ».

Le Niger fait face à une recrudescence des violences perpétrées par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à Daech.

Depuis le coup d’État militaire de juillet 2023, de nombreux journalistes et militants ont été appréhendés, incarcérés, voire condamnés pour des chefs d’accusation variés, allant de la diffamation à la compromission de la sûreté nationale.

En 2025, l’ONU recense 13 journalistes arrêtés dans le pays. Après plusieurs mois de détention, trois d’entre eux, dont un correspondant de Deutsche Welle, ont recouvré la liberté début mai. Cinq autres professionnels des médias restent aujourd’hui derrière les barreaux, selon des associations locales.

Moussa Tchangari, une figure majeure de la contestation et critique acerbe du régime actuel, est incarcéré depuis décembre 2024 pour « apologie du terrorisme et atteinte à l’intégrité de l’État ».