25 mai 2026
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Le gouvernement du Niger a acté la fin définitive de la concession attribuée au groupe français Orano Mining pour l’exploitation des ressources uranifères du pays. Une décision prise lors d’un Conseil des ministres présidé par le général Abdourahamane Tiani, visant à remplacer l’ancienne structure par une compagnie nationale entièrement contrôlée par Niamey.

Cette nouvelle entité, baptisée « Teloua Safeguarding Uranium Mining Company » (TSUMCO SA), doit désormais gérer les gisements d’uranium du Niger, notamment ceux de la région d’Arlit, où se trouvait la mine COMINAK exploitée par Orano entre 1978 et 2021. Le choix du nom « Teloua » s’inspire d’une nappe aquifère locale, mais il symbolise également une volonté de rendre hommage aux sols et aux écosystèmes sahariens, gravement affectés par des décennies d’exploitation minière.

Les autorités nigériennes soulignent que cette restructuration s’accompagne d’une priorité environnementale. Elles évoquent des « dommages dramatiques » sur les ressources en eau et les sols autour des sites miniers, attribués à l’activité historique d’Orano. La création de TSUMCO SA s’inscrit donc dans une logique de réappropriation des richesses nationales et de préservation des équilibres écologiques.

Un conflit juridique en toile de fond

Depuis plusieurs mois, les relations entre Niamey et Orano Mining se sont fortement dégradées. En août 2024, le Niger a instauré une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an sur les périmètres non exploités de la concession d’Arlit. Orano, accusé de ne pas avoir réglé cette redevance depuis septembre 2025, a fait l’objet d’une mise en demeure, puis d’une annulation de son contrat d’exploitation en raison de son défaut de régularisation.

Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, qualifie les procédures judiciaires engagées par Orano de « quasi-harcèlement ». Ces recours, selon lui, visent à bloquer les exportations d’uranium nigérien sur la scène internationale, dans un contexte où les tensions entre le Niger et la France s’intensifient sur les plans sécuritaires, économiques et politiques.

Cette décision marque un tournant dans la gestion des ressources naturelles du pays, avec une volonté affichée de tourner la page d’une collaboration jugée déséquilibrée avec les groupes miniers étrangers.