Jeudi matin, des assaillants équipés de ceintures explosives ont tenté de pénétrer dans l’aérogare de l’aéroport international de Niamey. Les forces de sécurité ont réagi rapidement, empêchant l’incursion, mais le bilan est lourd : onze soldats et deux civils ont perdu la vie. Quatre personnes ont également été blessées. Côté adversaire, vingt-deux attaquants ont été neutralisés et une vingtaine de suspects ont été interpellés, selon le ministère de la Défense.
Site sensible
Les premiers coups de feu ont retenti vers 6 heures locales (5 heures GMT) et ont duré au moins deux heures, rapportent des résidents. Les tirs ont eu lieu près d’un poste de contrôle sur la route unique menant à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée de l’aérogare. D’après une source aéroportuaire, les assaillants sont arrivés à bord de taxis et ont rencontré une résistance farouche des forces de sécurité. Le calme est revenu vers 10 heures, et les forces mènent des ratissages dans les quartiers environnants où les assaillants se seraient dispersés. De nombreux assaillants ont été abattus, d’autres capturés avec l’aide de la population, indique la même source. Des données de suivi aérien font état de plusieurs vols à destination de Niamey déviés ou retardés.

Cette attaque survient moins de six mois après celle du 29 janvier, qui avait ciblé pour la première fois l’aéroport de Niamey, provoquant quatre blessés et d’importants dégâts matériels. Le site est particulièrement sensible : entre décembre et janvier, une cargaison importante de concentré d’uranium y était stockée, sans que son exportation n’ait été signalée depuis. Le chef du régime militaire, le général Abdourahamane Tiani, avait alors reconnu une faille dans le dispositif de sécurité, précisant que l’objectif des assaillants était de détruire toutes les capacités aériennes de l’armée.
Depuis ces événements, la junte a renforcé les mesures de protection autour de l’aéroport. Le mur de clôture a été rallongé et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte. Par ailleurs, une vaste campagne de destruction de quartiers situés à proximité a été menée ces dernières semaines.