9 juin 2026
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Des habitants de Kobontafa démontent eux-mêmes leurs maisons avant la destruction

Dans le quartier de Kobontafa, situé à quelques pas de l’aéroport international de Niamey, les résidents s’affairent en urgence à retirer les éléments de leurs habitations. Toits, portes et fenêtres sont démontés en prévision des démolitions ordonnées par les autorités, ciblant les constructions jugées illégales dans la zone aéroportuaire.

Un renforcement de la sécurité après l’attaque du 29 janvier

Cette opération s’inscrit dans une logique de sécurisation accrue, suite à l’attaque perpétrée le 29 janvier contre l’aéroport international Diori Hamani et une base militaire de drones. Selon les autorités nigériennes, les assaillants auraient transité par ces quartiers informels pour atteindre leur objectif.

Près de 26 000 personnes concernées par les démolitions

Les chiffres officiels révèlent que près de 26 000 habitants répartis dans quatre quartiers construits sans autorisation sont touchés par cette mesure. Ces zones, occupant une partie significative du périmètre aéroportuaire, sont perçues comme un risque majeur pour la sécurité nationale.

Le Niger face à la menace des groupes armés au Sahel

Le pays subit depuis plusieurs années les assauts de groupes terroristes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, actifs dans plusieurs régions, y compris aux abords de la capitale.

Bilan de l’attaque de janvier et conséquences

Revendiquée par l’Etat islamique au Sahel (EIS), l’attaque de janvier a été repoussée par les forces nigériennes avec l’appui de partenaires internationaux. Le bilan fait état de vingt combattants tués et quatre militaires nigériens blessés, tandis que les infrastructures visées ont subi des dégâts matériels.

Quelques semaines plus tard, le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, avait reconnu une faille dans le dispositif de sécurité ayant facilité l’opération. Il avait précisé que les assaillants visaient à neutraliser les capacités aériennes de l’armée nigérienne.

Des zones irrégulières pointées du doigt

Le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le colonel Amadou Abdramane, a indiqué que les démolitions ciblent en priorité la partie orientale de l’aéroport, occupée illégalement et identifiée comme point d’entrée des assaillants lors de l’attaque.

Le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur, a mis en garde contre le risque d’infiltrations futures lié au maintien de ces quartiers. Il a également souligné que l’absence de garanties sécuritaires pourrait affecter le statut international de l’aéroport.

Des indemnisations promises pour les habitants

Les autorités ont assuré que les personnes affectées par les démolitions recevront une indemnisation, sous réserve de s’inscrire dans le cadre du recensement organisé pour l’occasion.

Des mesures complémentaires pour sécuriser l’aéroport

En parallèle, plusieurs dispositifs de protection ont été renforcés autour de l’aéroport. La clôture de sécurité a été prolongée, et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées à l’intérieur comme à l’extérieur du site.

Au niveau national, des campagnes de sensibilisation sont menées pour encourager les citoyens à signaler toute activité ou individu suspect aux services de sécurité via des numéros dédiés.