27 juillet 2026
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Des centaines de manifestants togolais dénoncent la réforme constitutionnelle de 2024

Dimanche dernier, plusieurs centaines de citoyens se sont rassemblés à Vogan, une localité située au sud du Togo, pour exprimer leur opposition à la récente réforme de la Constitution togolaise. Ce texte, adopté en 2024, est accusé par l’opposition de servir les intérêts du président en exercice, Faure Gnassingbé, en lui permettant de consolider son emprise sur le pouvoir.

Cette mobilisation, orchestrée par le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) — une alliance regroupant des partis politiques d’opposition et des acteurs de la société civile — marque la deuxième initiative d’envergure de ce collectif en l’espace de trois mois. La première avait eu lieu début mai, dans un contexte où les rassemblements contestataires restent rares dans le pays.

Les participants ont brandi des banderoles aux messages percutants, tels que « Non à la modification illégale des institutions » ou « La Constitution bafoue la volonté populaire », dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une manœuvre pour légitimer un pouvoir autoritaire.

« La réforme de 2024 est une violation flagrante de l’ordre constitutionnel. Nous refusons catégoriquement ce coup de force institutionnel », a affirmé David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), l’un des mouvements moteurs de cette contestation.

La nouvelle Constitution, entrée en vigueur en 2024, introduit des changements majeurs dans l’architecture institutionnelle du Togo. Elle abandonne l’élection du président au suffrage universel direct pour instaurer un système parlementaire. Désormais, le président du Conseil — une fonction nouvellement créée et dotée des prérogatives exécutives les plus importantes — est occupé par Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. L’opposition craint que cette réforme ne serve à pérenniser son mandat, tandis que le pouvoir en place défend un texte présenté comme un gage de modernisation démocratique.

Les tensions générées par cette réforme ont déjà donné lieu à des affrontements en 2025, ayant entraîné la mort de sept personnes selon les organisations de la société civile, tandis que les autorités évoquent cinq décès par noyade.

Le 29 janvier dernier, la Cour de justice de la CEDEAO a rendu un arrêt historique, qualifiant la réforme de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Cependant, le gouvernement togolais a rejeté cette décision, arguant que la Cour excède ses prérogatives en se prononçant sur la légalité interne de la Constitution. Pour les autorités, la Cour de la CEDEAO est compétente uniquement pour vérifier le respect des droits fondamentaux et du droit communautaire, et non pour invalider des lois nationales.