9 juin 2026
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Le 9 décembre 2025, Bamako a été le théâtre du lancement officiel de la Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption, une initiative majeure prévue pour sensibiliser la population aux enjeux cruciaux de cette lutte. Cet événement, placé sous l’égide du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme du Mali, Mamoudou Kassogué, a choisi comme fil conducteur le thème : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain », reprenant ainsi la thématique de l’édition précédente.

Mali la semaine anti corruption 2025 placee sous le signe de la jeunesse et de la rigueur judiciaire

Lors de son allocution, Mamoudou Kassogué a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective face aux impacts dévastateurs de la corruption, évoquant les propos de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour qui ce phénomène représente un « mal insidieux » menaçant la démocratie, l’état de droit et favorisant l’émergence de la criminalité organisée et du terrorisme.

Une priorité incontournable pour la transition malienne

L’organisation de cette semaine, en harmonie avec la Journée internationale de lutte contre la corruption (décrétée par l’ONU chaque 9 décembre), témoigne de la volonté politique ferme des plus hautes autorités de la Transition, incarnées par le Général d’armée Assimi Goïta. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique de refondation de l’État, exigeant une refonte des méthodes de gestion publique et l’émergence d’une citoyenneté responsable, fondée sur l’intégrité et le patriotisme.

La jeunesse malienne, acteur clé du changement

Le thème choisi pour cette édition souligne le rôle central de la jeunesse dans cette bataille. Les jeunes Maliens sont appelés à devenir les « fers de lance » du changement, pour surmonter les obstacles et accélérer les transformations nécessaires. Mamoudou Kassogué a salué l’engagement « remarquable » des mouvements de jeunesse autour de cette cause.

Renforcement de la réponse judiciaire : PNEF et ARGASC en première ligne

Le Ministère de la Justice du Mali a réaffirmé sa détermination à mettre en œuvre des réformes judiciaires ambitieuses pour améliorer l’efficacité de la lutte contre la délinquance économique et financière. Parmi les dispositifs phares figurent :

  • Le Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Ce pôle a pour mission de poursuivre les auteurs de délits financiers en utilisant des méthodes et outils modernes pour garantir une justice plus efficace.
  • L’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Cette agence se concentre sur le récupération des fonds et biens illégalement détournés, contribuant ainsi à restaurer les finances publiques.

Effet dissuasif accru : « La synergie entre le PNEF et l’ARGASC permettra de renforcer significativement l’effet dissuasif de la lutte contre la corruption et les infractions économiques, en privant les auteurs de leurs gains illicites. »

Nouvelles mesures du Code pénal pour une justice plus rigoureuse

Le nouveau Code pénal du Mali introduit plusieurs dispositions innovantes pour renforcer l’action judiciaire, notamment :

  • L’imprescriptibilité des infractions criminelles liées aux détournements de biens publics.
  • La suppression des privilèges et immunités parlementaires dans les affaires de corruption.
  • Un renforcement de la protection des lanceurs d’alerte, témoins, experts et victimes.

Des outils technologiques pour moderniser la lutte

Pour optimiser les efforts, plusieurs outils innovants sont en cours de déploiement :

  • La ligne verte gratuite « Binkani Kunafoni » (3611), dédiée à la signalisation des actes de corruption.
  • L’imminente plateforme numérique de la justice, après une phase de test concluante, qui permettra la dématérialisation des procédures et réduira les risques de pratiques corruptives.

Coopération renforcée entre institutions : une nécessité absolue

Mamoudou Kassogué a mis en avant l’importance d’une collaboration accrue entre les différentes structures étatiques aux rôles complémentaires, telles que :

  • L’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI).
  • Le Bureau du Vérificateur général (BVG).
  • La Cour des comptes, née de la réorganisation de la Section des comptes de la Cour suprême suite à la Constitution de 2023.

Il a également confirmé que la création d’un cadre de concertation inter-institutions est en cours, avec pour objectif d’accélérer la coordination entre ces acteurs clés de la lutte anti-corruption.